lundi 27 octobre 2014

CI : Élections 2015

Entre cacophonie et candidature unique


Allons-nous vers un nouveau cycle de violences post-électorales en Côte d'Ivoire dans un an ? C'est cette question que tout le monde se pose. Non seulement la population qui a déjà connu la terreur et n'aspire qu'à la stabilité malgré le mécontentement d'une grande partie. Mais aussi les “investisseurs” étrangers et tous les représentants de l'impérialisme, pour qui rien ne doit nuire à la stabilité dans ce pays qui serait, grâce aux efforts d'Alassane Ouattara, redevenu la “locomotive de l'Afrique de l'Ouest”.

Une chose est sure et certaine à propos des élections d'octobre 2015 : c'est que rien à leur sujet n'est sûr ni certain. Un an avant l'échéance, la cacophonie règne en maitre dans tous les partis du pays. Et comme cela est la règle dans notre pays, nous ne sommes pas à l'abri des surprises.


Les élections auront-elles lieu ?

La première question qu'il faut se poser est : « Les élections auront-elles lieu ? » Vu qu'il est de tradition dans notre pays de postposer les élections pendant un temps indéfini, et vu les nombreuses difficultés et inconnues en ce qui concerne leur bonne tenue, cette question est bien légitime. Les élections coutent de l'argent et nécessitent une bonne organisation, la mobilisation exceptionnelle de personnel et de citoyens dans tout le territoire, l'enregistrement des électeurs, etc.

Et tout cela doit être coordonné par la Commission électorale indépendante (CEI). Or, la composition de cette même CEI est remise en question par l'opposition dirigée par le FPI et par de nombreux Ivoiriens, y compris par la fraction anti-Bédié au PDCI, vu qu'elle est présidée par le même Youssouf Bakayoko qui avait annoncé la victoire de Ouattara en 2010 – une annonce toujours remise en cause par la moitié du pays. Le régime dit que la CEI est excellement équilibrée puisque comprenant quatre représentants de la société civile, quatre représentants de l'opposition, quatre représentants des partis au pouvoir, quatre représentants de l'administration, et un représentant du président. Mais sur ces 17 personnes, 9 sont considérées comme favorables au régime. Un accord semblait pourtant avoir été trouvé lorsqu'en aout les membres de la commission avaient prêté serment, mais c'est la réelection de Youssouf Bakaoyoko à sa présidence qui a fait claquer la porte à l'opposition et même au représentant de l'Église catholique.

D'autre part, le régime aimerait, afin de donner un air de véritable enjeu à ces élections, que l'ensemble de l'opposition se présente. Or, cela fait maintenant quatre ans que le FPI boycotte chaque scrutin : législatives, municipales, régionales. Le FPI refuse ainsi de cautionner le pouvoir actuel qu'il estime illégitime. Mais voilà, cette stratégie ne mène le FPI nulle part, ses principaux dirigeants sont toujours en prison et leur procès loin d'être terminé, et en attendant, le parti perd son influence, ses postes, ses moyens, et ses militants. Du coup, son président Affi N'Guessan (“miraculeusement” libéré l'an passé en même temps que treize autres pro-Gbagbo) est en train de chercher à convaincre ses membres que la participation aux élections est nécessaire, ne serait-ce que pour pouvoir obtenir les ressources, la crédibilité et l'influence selon lui nécessaires pour parvenir à faire libérer Gbagbo. La participation du FPI aux élections est cruciale pour le régime : ce n'est pas pour rien qu'Affi est invité à chaque gala organisé par Madame Ouattara. D'ailleurs, au cas où il ne se tiendrait pas “correctement”, il fait partie des 10 personnalités du FPI dont le procès pour “crime contre l'humanité, etc.” s'est ouvert la semaine passée à Abidjan.

Mais quoiqu'il en soit, il faut garder en tête que Ouattara mise toute sa politique sur l'image de la “Côte d'Ivoire nouvelle”, afin d'attirer les investisseurs étrangers qui sont pour lui seuls garants de la croissance et du développement de notre pays. Qu'importe si la population souffre, si ses électeurs traditionnels sont abandonnés – qu'il s'agisse des habitants de Port-Bouët ou du quartier Washington, des cultivateurs d'anacarde du Nord, ou des chauffeurs de gbaka –, tant que le pays tout entier brille et scintille comme un diamant, que les autoroutes sont achevées, que les ponts sont terminés, et que l'université est… repeinte. La Côte d'Ivoire est le joyau de l'Afrique de l'Ouest, le lieu de rassemblement des sommets mondiaux tels que le Africa CEO Forum ou la conférence sur le cacao de l'ICCO, la capitale financière de l'Afrique francophone… Pour parfaire cette image de ce pays doré, il est crucial que les élections se passent. Et qu'elles se passent dans le calme. Avec ou sans opposition.

Nous sommes donc convaincus que les élections – ou à défaut, un simulacre d'élections – auront bel et bien lieu en 2015, même s'il ne doit y avoir qu'un seul candidat et qu'elles doivent être préparées à la va-vite.

Bédié, pris en otage par Alassane ?

La crise au sein des partis

Du côté des partis politiques, la crise amorcée l'an passé s'accentue, et la population est plus que jamais livrée à elle-même.

Au FPI, Affi est de plus en plus accusé de trahir son parti et la cause “de Laurent Gbagbo”. Sa tentative de remanier d'autorité le secrétariat du parti a ouvert une grave lutte factionnelle au sein du FPI, qui a entre autres entrainé l'incendie des locaux du parti par – on le suppose – des militants furieux. Le congrès du FPI se déroulera du 14 au 17 décembre de cette année. À l'heure actuelle, de nombreux militants voudraient chasser Affi de son poste. Ils refusent tout compromis avec le régime Ouattara. Et c'est ainsi que Laurent Gbagbo lui-même, de sa cellule, se présente à la présidence du parti, afin de faire taire les critiques, tout en rappelant Affi à l'ordre et en lui permettant de rentrer dans le rang. Mais Gbagbo président de parti, cela veut-il dire le refus de participer aux élections ? Cela pourrait-il servir de monnaie d'échange afin de le sortir de prison ? Quoiqu'il en soit, de nombreux militants sont aujourd'hui désenchantés par rapport aux manœuvres sans fin de leurs dirigeants, et continuent leur quête de réponses à leurs nombreuses questions concernant la lutte contre l'impérialisme et la manière de la mener.

Au PDCI, Bédié a annoncé qu'il désignait Ouattara comme candidat du PDCI pour 2015, au nom de la stabilité du pays. Des missions ont été envoyées dans tout le pays prêcher le bien-fondé de cet “appel de Daoukro”. Les arguments avancés ne volent pas très haut : on parle surtout de l'autorité du chef et de la sagesse surhumaine de Bédié, qui voit plus loin que tout le monde et dont la parole ne saurait être remise en question. D'autres disent que tout de même, Ouattara travaille bien, laissons-le finir ce qu'il a fait, tout le monde a droit à un deuxième mandat. Mais l'argument le plus convaincant jusqu'ici est qu'au cas où il se présenterait aux élections, le PDCI aurait des grandes chances de l'emporter, et que le RDR répondrait forcément par la violence pour se maintenir. Bédié aurait donc accepté de sacrifier son parti au nom de “l'intérêt national”. Ce qui ne plait pas forcément à l'ensemble des militants.

Le RDR continue donc son petit bonhomme de chemin au pouvoir, sans aucune base sociale autre que celle du PDCI qui le soutient malgré tout, et que la peur de la violence et de la répression.

Pendant ce temps, les ministres du régime continuent à baigner dans les scandales – le Premier ministre Duncan a encore défrayé la chronique le mois passé avec son voyage à New York qui a couté 400 millions de francs (600 000 €). Les anciens chefs rebelles sont partis se former à l'étranger. Et malgré le sourire affiché et la joie de vivre des habitants malgré la misère, la répression s'abat sur tout embryon de contestation organisée.

Qui sera candidat du FPI en 2015 ?

La Cici

Toutes les conditions sont réunies pour voir le développement d'une opposition conséquente au pouvoir RHDP. Mais le régime est tellement apeuré qu'il ne laisse personne s'approcher de lui pas même à cent mètres, que tout noyau de contestation est instantanément dispersé.

Tous les partis ayant abandonné la lutte politique, une tentative a été organisée avec la Coalition des indignés de Côte d'Ivoire (Cici). Si cette organisation était au départ une véritable plateforme regroupant toute une série d'associations de jeunes, de femmes, de patriotes, de syndicalistes, force est de constater qu'il se vide chaque jour un peu plus de son contenu. Et ce n'est pas la faute de ses dirigeants. L'an passé, une grande campagne avait été menée contre la cherté de la vie. Des tracts étaient distribués sur les marchés, une date avait été donnée pour une manifestation nationale – la première organisée par une organisation non-politique depuis la fin de la crise, et autour d'un thème non-politisé, susceptible de rassembler l'ensemble de la population de Côte d'Ivoire – militants LMP comme RHDP, Ivoiriens comme étrangers, au-delà des divisions ethniques ou religieuses.

Cependant, le pouvoir qui avait feint d'autoriser ce mouvement a finalement décidé de l'interdire au dernier moment. Et depuis un an, c'est le même cirque. Les meetings de la Cici sont annulés de force au dernier moment par l'encerclement du quartier où ils doivent se tenir, toute action est refusée – les seules manifestations qui fonctionnent sont les actions “surprise”, non annoncées au préalable, mais qui forcément ne permettent pas une mobilisation large ni une discussion autour du programme et des revendications.

Comme en ce qui concerne la lutte des syndicats de la fonction publique l'an passé, la stratégie du pouvoir est clairement celle de l'épuisement : on te laisse croire que ton mouvement sert à quelque chose, tu te fatigues à imprimer des tracts et à organiser des réunions, et finalement, tout ça n'a servi à rien, tu as gaspillé ton temps et ton argent pour rien.

Bref, petit à petit, malgré son dynamisme, son courage et sa rapidité d'intervention, la Cici s'est retrouvée dans l'impasse, s'est vidée de sa substance, et son activité se base aujourd'hui essentiellement sur des actions symboliques, des visites rituelles aux prisonniers politiques, des conférences de presse et des déclarations publiques par son leader, dont le rôle de figure publique est devenu petit à petit prépondérant et ce, au détriment de la structure et de la construction du mouvement.

Le CIO reste cependant convaincu que la Cici est aujourd'hui l'organisation la mieux positionnée pour la construction d'une force large représentant l'ensemble des travailleurs de Côte d'Ivoire. C'est pourquoi nous continuerons notre collaboration avec cette structure tant que cela aura un sens. Mais il est urgent que ses dirigeants se ressaisissent et convoquent une assemblée de l'ensemble des organisations (ex-)membres de la coalition, afin de définir une stratégie de lutte visant à la création d'une nouvelle force d'opposition de masse, et que son leader redescende un peu de son podium médiatique pour reprendre le rôle de simple coordinateur du mouvement et non d'“actionnaire majoritaire”.

L'évolution de la Cici connait des difficultés
du fait de son étouffement par le régime

Un vide béant

En l'absence d'une véritable force de masse représentant l'ensemble des travailleurs de Côte d'Ivoire, et vu le mécontentement largement répandu à tous les niveaux de la société, le terrain est propice au repli nationaliste et identitaire, voire ethniciste, en l'absence d'une lutte unie de tous les travailleurs. Et c'est ce que nous voyons avec le PDCI et le RDR qui se replient de plus en plus sur leurs bastions, mais aussi un risque pour le FPI de perdre petit à petit aussi son statut de parti national. Cette tendance est à présent peu marquée et surtout contrebalancée par le désir ardent de stabilité et d'unité nationale, mais nous devons y rester vigilants.

D'autre part, il est inévitable qu'émergent à court ou moyen terme des forces populistes qui tenteront de combler le vide politique. C'est le cas avec des figures publiques telles que KKB (Konan Kouadio Bertin), dirigeant des Jeunes PDCI, qui ne cesse de critiquer Bédié et de parler de la nécessité de rompre avec le RDR, et que rien ne semble devoir arrêter. Après sa rencontre avec des sénateurs américains aux États-Unis, il est même parvenu à s'introduire à la CPI à La Haye pour y discuter avec Gbagbo pendant cinq heures d'affilée.

Mais nous pourrions également voir d'anciens cadres du PDCI déclarer leur candidature contre Ouattara et être soutenus par toute une fraction du parti. Le candidat rêvé serait un vieux qui symboliserait l'ère Houphouët à présent révolue et qui en même temps ne serait pas mouillé de près ou de loin dans aucune des crises politiques qui ont ébranlé la Côte d'Ivoire au cours des dernières décennies – c'est le cas avec Essy Amara, désigné candidat par la coordination des planteurs du PDCI. Un tel candidat pourrait être reconnu par la convention du parti qui devrait se tenir début 2015, ou pourrait quitter la convention en claquant la porte et à ce moment rallier à lui une aile du PDCI et une aile du FPI, ce qui représenterait une menace sérieuse pour Ouattara et le RDR.

Mais un candidat indépendant pourrait bien surgir de nulle part, pour peu qu'il emploie les bons slogans, sache se faire entendre du peuple et se montre assez énergique et téméraire. Lors des élections municipales de 2013, les grands vainqueurs ont été les indépendants – une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Une telle surprise pourrait à nouveau survenir cette année, même si cette éventualité devient de moins en moins probable au fur et à mesure que se rapproche la date fatidique.

Nous ne tenons toutefois pas compte ici des candidats “secondaires” déjà déclarés, tels que l'infatigable Mamadou Coulibaly, ou autres personnalités de ce type qui sont déjà connues depuis longtemps, qui à un moment se sont trouvées sous le feu de l'actualité, mais qui n'ont pas pu saisir les bonnes opportunités au bon moment pour se développer, sont “passées de mode”, et sont donc à présent vouées à la stagnation – même si des surprises peuvent toujours se produire.

KKB, on va où ?

Allons-nous vers de nouvelles violences post-électorales ?

Il est clair que le pouvoir du RHDP ne se laissera pas faire, même en cas de victoire d'un éventuel opposant politique. Si un candidat indépendant parvenait à rallier la masse des mécontents du PDCI avec la frange radicale du FPI, il aurait toutes les chances de parvenir à la victoire. Cependant, le régime ne sera pas prêt à la concéder. Tout est déjà prêt pour un coup de force : CEI, camps de « réservistes » ex-rebelles, etc. 

Mais cela signifiera-t-il de nouvelles violences ? Une crise telle que celle que nous avons connue en 2010-2011 ? Nous ne le pensons pas. La raison en est qu'il n'y aura personne pour mobiliser contre la fraude électorale. Il y aura bien entendu des émeutes et des manifestations spontanées de mécontentement et de colère face à la victoire programmée du RDR. Mais aucun des candidats qui s'opposeront à Alassane et susceptibles d'emporter une victoire ou presque-victoire électorale ne défend un autre modèle de société. 

Tous ces candidats dépendent de subsides d'entreprises, étrangères ou nationales, pour parvenir à leurs fins et financer leur campagne. Tous ces candidats dépendent de la bonne volonté de l'impérialisme pour parvenir à s'installer dans le fauteuil présidentiel. Tous ces candidats désirent avant tout la stabilité, seule garante des bonnes affaires dans le pays. Pour cette raison, nous pensons que ces candidats broncheront certes, et dénonceront sans doute la fraude, mais qu'après une ou deux marches, ils appelleront leurs militants à rentrer chez eux « la tête haute », ayant fait la démonstration de leur haute moralité, et à se mobiliser pour une « victoire écrasante en 2020 ».


Vers la construction d'une opposition sociale et politique

Quoiqu'il en soit, et malgré l'emploi éventuel de quelques slogans populistes, aucun des candidats aux élections ne représentera les travailleurs de Côte d'Ivoire. Nous ne pouvons donc soutenir aucune de ces personnes, et devons continuer à œuvrer pour la constitution d'une nouvelle force capable d'unir la population laborieuse dans le cadre d'une lutte commune contre l'impérialisme, la misère et l'oppression.

D'ailleurs, les socialistes révolutionnaires que nous sommes ne conçoivent pas que les élections à la tête de l'État bourgeois et de surcroit néocolonial ne puissent changer de manière fondamentale le sort des masses prolétaires et populaires. Les élections sont un jeu auquel nous nous devons de participer là où nous en avons les moyens afin de faire progresser notre lutte et notre propagande, mais sans jamais avoir la moindre illusion par rapport à une éventuelle prise du pouvoir par les urnes. L'État, ce n'est pas seulement le président, c'est aussi les chefs de cabinet, les directeurs d'administration, les généraux, les commissaires, les juges et la cour constitutionnelle, tous ces gens qui peuvent à tout moment se retourner contre un éventuel révolutionnaire qui se serait par miracle frayé un chemin jusqu'à la présidence.

En l'absence d'un candidat qui nous représente, nous devons cependant rester ouverts aux possibilités que nous offre la période pré-électorale en termes d'attention, d'invitations à participer au débat, de discussions, et de possibles victoires en termes de concessions de la part d'un pouvoir qui se voudra conciliant afin d'assurer sa réélection, comme on le voit au Nigeria avec la victoire des étudiants de Lagos concédée par le gouverneur Fashola en vue de sa campagne de 2015.

Par contre, après les élections, en cas de victoire de Ouattara (comme cela est quasi certain), celui-ci n'ayant plus rien à perdre va sans doute renforcer sa dictature avec une répression plus féroce encore des mouvements sociaux et une politique néolibérale encore plus brutale et plus antisociale que ce que nous voyons à l'heure actuelle, afin de nous préparer une “émergence” à la chinoise, et d'assurer la transition à un des “bons petits” de Ouattara. Voilà pourquoi c'est aujourd'hui que nous devons renforcer nos mouvements et nous former afin de nous préparer pour la période suivante, qui sera également une période de grande instabilité entre arrivée massive d'investissements étrangers, crise internationale, répression et corruption débridée.

Beaucoup de choses peuvent encore se passer. N'oublions pas non plus que nos dirigeants sont vieux, et que les Soro et Hamed Bakayoko qui sont tapis dans l'ombre sont prêts à bondir à tout moment. L'heure n'est donc pas à l'attente ni au soutien de tel ou tel candidat populiste, mais au renforcement de la lutte syndicale, sociale et politique en vue de la constitution d'un mouvement prolétaire de masse capable de lutter pour le pouvoir en 2020… ou avant – un pouvoir qui sera basé pas non pas sur le parlement et l'État bourgeois, mais sur le pouvoir de la mobilisation populaire de masse via des agoras démocratiques et dépolitisées en vue de la constitution d'une force étatique prolétarienne à l'échelle nationale.

Construire un mouvement. Structurer la lutte. Étendre notre influence.
Trouver de nouvelles formes d'action et d'expression,
qui permettent d'impliquer l'ensemble des militants.



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