lundi 4 juin 2018

Afrique : 22e Congrès du DSM


ÉCONOMIE DU NIGÉRIA : le pire est-il vraiment derrière nous ?


Le 22e Congrès du Mouvement démocratique socialiste du Nigeria (DSM, section nigériane du Comité pour une Internationale ouvrière) s'est bien tenu ces 14-15 avril 2018. Cet évènement, au cours duquel nous nous sommes penchés sur le programme pour l'intensification de la lutte des classes au Nigeria, aura un impact dans les mois et années à venir. Nous vous proposons ici un bref compte-rendu de ce congrès, ainsi qu'un article d'analyse de la situation économique du Nigeria.

Un rapport plus complet des conclusions du Congrès sur l'ensemble de la situation politique, économique et sociale du Nigeria suivra sous peu.

Rapport de nos camarades sur le terrain au Nigeria

mercredi 16 mai 2018

Théorie : 200 ans de marxisme

1818-2018 : la pensée de Karl Marx n’a pas perdu de sa fraîcheur


Des sourcils ont dû sérieusement froncer à la City de Londres à la lecture du journal The Independant et de l’interview du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, réalisée à la mi-avril. Celui-ci avertissait ses pairs : « Marx et Engels peuvent devenir à nouveau pertinents ». 200 ans après la naissance de Karl Marx, pourquoi donc ses idées suscitent-elles toujours autant d’intérêt et même de craintes ?

– Article de notre camarade Nicolas Croes, Parti socialiste de lutte (section belge du CIO)

lundi 14 mai 2018

CI : Enlèvement d’enfants

Le symptôme d'une société malade


Le phénomène de l’enlèvement des enfants est aujourd’hui une réalité très inquiétante pour la population ivoirienne. Ce phénomène crée la psychose totale parmi la population, de sorte que personne n’a plus confiance en son prochain ou en son voisin, car les quelques cas où ces malfaiteurs ont criminels ont été arrêtés, comme pour le cas du petit Bouba qui a fait du bruit dans tout le pays, il s'est avéré que ces criminels sont souvent des proches de la famille de leurs victimes ou de l’enfant. 

La question est donc de chercher à comprendre ce qui peut bien pousser des adultes à ôter la vie à ces êtres sans défense. Nous vivons en fait dans une véritable culture du sacrifice. Les maux engendrés par la société capitaliste et son aliénation sont tels que la plupart des citoyens sont plongés dans un désespoir. Personne ne comprend pourquoi les riches sont riches, les pauvres sont pauvres, pourquoi  un tel a un travail et l’autre n’en a pas… 

Vu l’ignorance des lois économiques et sociales, on invente alors des causes mystiques, tout comme nos ancêtres pensaient que la pluie était envoyée par Dieu ou par les génies. On se dit que sacrifier 10.000 francs à l’église nous rapportera, que se priver de nourriture pendant une semaine nous fera gagner un travail, attirera sur nous les faveurs divines.

Comme si c’était Dieu qui avait créé l’argent ! Comme si c’était Dieu qui investissait dans l’économie du pays ! Comme si nos dirigeants étaient riches par une grâce divine, et non pas par l’exploitation du travail du peuple, leurs petits trafics et le détournement des biens publics ! Du sacrifice d’un repas ou d’une liasse de billets de banque au sacrifice d’animaux puis d’enfants, il n’y a qu’un pas ! La reine Pokou n’a-t-elle pas elle-même donné l’exemple ? 

C’est le désespoir qui pousse l’homme à faire du mal à son prochain. La société capitaliste nous met en concurrence les uns avec les autres : quand tu arrives pour une offre d’emploi et que tu vois dix autres candidats assis là, en même temps tu commences à les maudire eux tous dans ton cœur, tout comme eux-mêmes ont commencé à te maudire dès qu’ils t’ont vu. C’est le même phénomène entre nos hommes politiques qui briguent les mêmes postes, nos patrons qui briguent les mêmes marchés ou qui luttent pour s’arracher la clientèle.  

C’est cette société qui nous pousse à lutter les uns contre les autres et qui nous fait perdre la compassion. Celui qui est bon et généreux est vu comme un perdant, un mouton. Comme il est loin le  temps du travail partagé aux champs, des générations qui s’entraidaient… S’il faut condamner les sacrifices humains, il est bon de s’attaquer à la racine du phénomène : le système capitaliste, qui engendre lui-même la pauvreté, le chômage, les inégalités, la précarité, l’ignorance et les superstitions religieuses qui en découlent.


mercredi 9 mai 2018

Histoire : Grève générale de mai 1968

Lorsque le prolétariat français a failli renverser le capitalisme


Dans le monde actuel, préoccupé par l'émergence d'une « nouvelle guerre froide » entre les grandes puissances mondiales, les évènements d'il y a 50 ans dans un pays d'Europe loin de nous peuvent sembler peu pertinents. Mais pour ceux qui cherchent comment nous pouvons parvenir à un monde différent, un monde socialiste, il est crucial de se pencher sur les « évènements » de mai 1968 en France.

C'est ce qu'explique notre camarade Clare Doyle (Secrétariat international du Comité pour une Internationale ouvrière)

vendredi 4 mai 2018

Théorie : Pourquoi y a-t-il du chômage ?

La conséquence logique du « développement » capitaliste


Décrocher un emploi est le premier souci de nombre d’entre nous. Car celui qui ne travaille pas ne mange pas ! Le ministre de l’Emploi nous a pourtant encore affirmé ce 15 janvier 2018 que le taux de chômage dans notre pays est en baisse constante, il vaudrait aujourd’hui à peine 2,8 %. Foutaises ? Mais pourquoi y a-t-il du chômage, pourquoi est-il si difficile de gagner un travail de nos jours ? Alors qu’il y a 100 ans les colons étaient contraints de recourir aux travaux forcés, aujourd’hui on se tue pour gagner un travail ! Pourtant, on a beau faire de longues études, des masters et des doctorats, cela n’est toujours pas une garantie.

– camarade Guide

mercredi 25 avril 2018

CI : Élections locales ou tripatouillage électoral ?

Les élections locales auront-elles lieu ?


Pas pour maintenant, à ce qu’il semble, le gouvernement ayant décidé de prolonger de façon unilatérale le mandat des maires et des présidents des conseils régionaux. Pourquoi donc ce retournement de situation ? Sans doute pour éviter d’effaroucher certains cadres de la coalition au pouvoir à la veille de l’unification du RHDP ? Quoi qu’il en soit, ce pouvoir prend de nouveau des libertés avec la loi et le fonctionnement « normal » des institutions pour faire ce qu’il veut, quand il veut, quand ça l’arrange. De toute façon, ce n’est pas comme si la population était intéressée !

– camarade Castro

Par ailleurs, les élections sénatoriales (et la nomination expresse et anticonstitutionnelle du président du Sénat) qui ont eu lieu récemment ont démontré la grande indifférence de la population vis-à-vis de tout ces petits jeux. Alors qu’au Burkina ou au Sénégal, la création d’un Sénat a été prétexte à révolution, allant jusqu’à pousser à la chute des dictateurs, chez nous, c’est le calme plat – zéro. Tant les populations sont habituées à voir ce régime trafficoter les lois comme il le souhaite et sans que cela ait la moindre incidence sur nos vies.

C’est de la même manière que, malgré les problèmes qui minent la Commission électorale indépendante (CEI) dirigée par Youssouf Bakayoko, le RHDP s’entête coute que coute à la maintenir telle quelle, malgré la contestation des partis d’opposition et le fait que M. Bakayoko ait dépassé depuis des années la limite de son mandat légal. Rappelons que cette CEI s’est tristement illustrée lors des élections présidentielles de 2010, et qu’elle ne s’est pas améliorée depuis, avec des élections organisées n’importe comment et à la dernière minute, des taux de participation imaginaires et des résultats truqués, falsifiés à la faveur des candidats du parti au pouvoir.

Vu le caractère douteux de cette CEI, la tendance à terminer les élections dans la violence (souvenons-nous des élections municipales à Koumassi en 2013 ou des législatives à Bonon en 2012), et l’absence de tout parti politique un tant soit peu crédible, nombreux sont les Ivoiriens qui refusent de participer à leur « devoir civique » en boycottant les élections organisées en Côte d’Ivoire.

La démocratie suppose le choix du peuple, ce qui n’est plus le cas depuis quelques années dans notre pays. La démocratie, c’est la liberté d’expression, les élections libres et transparentes, mais malheureusement tout cela a perdu son sens aujourd’hui. On peut facilement se faire voler sa voix pendant le dépouillement au profit d’un candidat qu’on n’a pas choisi, et cela est presque devenu coutume. En Côte d’Ivoire, où l’opposition est inutile lorsqu’elle n’est pas muselée, on nous impose nos dirigeants comme au temps du parti unique de feu Félix Houphouët-Boigny. C’est ce qu’on appelle « démocratie à l’ivoirienne ». Où va notre cher pays, qui chante matin, midi et soir l’émergence en 2020 !

L’émergence tant vantée par nos cadres n’est en fait que l’émergence de notre classe dirigeante de patrons capitalistes, ivoiriens comme étrangers, dont la richesse dépend de notre exploitation dans le calme et l’ordre. Soyez sûr que cette émergence sera pour nous une véritable immersion. Or, pour répliquer chez nous le modèle chinois ou le modèle éthiopien, il est crucial pour le régime capitaliste de se doter d’organes de pouvoir forts qui garantiront que jamais la voix du peuple ne pourra se faire entendre par la voie légale. C’est là tout le sens des manœuvres actuelles.

Pour nous, s’il importe de continuer le combat pour la liberté d’expression et la démocratie, il faut aussi lutter en dehors de la lutte purement « politique » pour faire place à la lutte sociale – dans la rue, dans les zones industrielles, pour les revendications concrètes qui préoccupent au premier plan le citoyen : cherté de la vie, accès à l’eau, au logement, contre les violences, etc. Si nous parvenons à nous faire entendre et à nous imposer par cette fin, même les cadres du pouvoir seront forcés de nous suivre.

Enfin, c’est bien beau de vouloir lutter pour se faire entendre, mais encore faut-il avoir quelque chose à dire ! Un programme concret à proposer, une vision, une idéologie, pour le développement de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Sans quoi, à quoi bon vouloir devenir maire, député ou conseiller régional ? Si ce n’est que pour reproduire, encore et toujours, les mêmes schémas de soi-disant développement capitaliste bourgeois, et finalement appliquer la même chose que ceux que nous critiquons aujourd’hui.

samedi 21 avril 2018

CI : Marche avortée de l'opposition


Le manque de méthode des partis bourgeois révélé au grand jour



– Camarade Zova

Deux coalitions de partis de l’opposition ivoirienne (AFD et EDS) ont récemment projeté des manifestations pour réclamer une recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI) et le retrait du projet de Sénat en exigeant notamment que le président actuel de la CEI soit remplacé pour sa partialité supposée ou avérée lors des précédentes élections.

Même si dans un premier temps l’on doit condamner l’interdiction et la répression de ces marches, qui remet en cause les droits démocratiques élémentaires, il faut dans un second temps reconnaitre que l’échec de la tenue de ces rassemblements traduit le manque de stratégie et l’utilisation de méthodes peu démocratiques au sein de ces partis.

En effet, ni l’AFD ni l’EDS, avant de lancer leurs mots d’ordre, n’ont eu recours à leur base pour une discussion préalable sur la date et le lieu de ces manifestations : on s’est contenté de l’informer par voie de presse ou de SMS. Aussi, les responsables de ces partis ont arrêté en cercle fermé ce qui devrait constituer la revendication principale de ces marches. Pas un effort n’a été fait non plus pour mobiliser la population en-dehors de leurs militants.

Or, on le sait tous, le jeudi est un jour ouvrable dans le calendrier national. Combien d’Ivoiriens pouvaient-ils renoncer à leurs occupations ce jour pour répondre à un appel de leur direction ? Pas beaucoup, dans un pays où l’accès au logement, aux soins de santé et aux repas quotidiens relève de la lutte individuelle de chaque petit ménage. Il est évident qu’il est risqué de manquer un jour de travail au motif d’honorer un engagement politique.

S’agissant du mot d’ordre lui-même, force est de constater que nos partis d’opposition semblent n’avoir tiré aucune leçon de leurs échecs passés. On se souvient qu’en 2016, lors de la révision constitutionnelle proposée par le gouvernement, ces leaders de l’opposition avaient réussi une forte mobilisation de leurs militants et d’autres citoyens qui en avaient marre du régime actuel, avec les émeutes liées à l’augmentation du prix de l’électricité qui avaient précédé au mois de juillet de cette même année. Par ailleurs, il y avait à cette époque une bonne masse de l’électorat du parti au pouvoir qui était désillusionnée après six ans de gestion et de promesses non tenues. Mais rien n’a été obtenu – le régime a continué comme si de rien n’était.

De notre point de vue, ces mêmes conditions sont encore plus présentes en 2018, où le deuxième mandat de Ouattara tire à sa fin avec la colère grandissante des travailleurs et des gens de la rue, la fameuse couverture maladie universelle au point mort, des logements sociaux non encore livrés, la hausse du prix de l’essence, les mutineries de 2017, la grande grève des fonctionnaires, etc. Où était l’opposition politique pendant ce temps ? Tous ces thèmes nous semblent tout de même beaucoup plus susceptibles de rassembler les foules que la contestation de la CEI et du Sénat.

Une véritable lutte doit se donner les moyens pour aboutir à des avancées concrètes. Tous les militants pourraient être employés à partager des tracts, faire l’agitation aux carrefours et aux arrêts de bus, organiser des petits meetings dans les écoles, dans les marchés, etc., avec des marches éclatées dans chaque quartier au même moment, organisées démocratiquement dans les parlements, et surtout, faire grève pour frapper nos dirigeants et leurs parrains étrangers là où ça leur fait le plus mal – dans leur portefeuille.

Mais, comme on ne cesse de le répéter, les responsables de ces partis qui ne sont « socialistes » que le jour où ça les arrange, ne sont en réalité préoccupés que par des postes électifs et le contrôle de certaines institutions, juste pour leur propre bien-être – une petite place à la mangeoire, quoi ! S’ils font du bruit, ce n’est pas dans le but d’obtenir quelque chose, mais uniquement pour se faire remarquer, pour qu’on parle d’eux. Tirons-en les conséquences.

mardi 3 avril 2018

CI : le travail dans les zones industrielles


Un véritable cauchemar


Des conditions de recrutement à celles de travail, un emploi dans les zones industrielles rapproche les acquéreurs à une situation de quasi-esclavage. Le mode de recrutement est le même dans toutes les unités industrielles de Yopougon à Koumassi en passant par Vridi. Au petit matin à la première heure, des personnes de tous âges, diplômées ou non, se rendent devant les portails des usines dans l’espoir de décrocher un emploi. Au fur et à mesure que le vigile fait l’appel, comme à l’école, les travailleurs entrent dans l’enceinte. Tout le monde se croise les doigts. Après que le vigile a fini de citer les noms des « heureux » élus du jour, il referme le portail sans même jeter un regard de compassion à tous ceux qui viennent d’être recalés.

Si les journaliers abondent, c’est parce que les maisons de recrutement et autres « agents » proposent leurs prestations. Ce sont de véritables seigneurs, dont le travail (bien rémunéré) est de trouver une main d’œuvre abondante et à moindre cout, pour permettre aux patrons des entreprises de se frotter les mains. Ici, la compétence est foulée aux pieds, la seule condition, c’est l’argent. Même les agents de sécurité, dont le rôle devrait être de contrôler les entrées et sorties, s’adonnent à ce « business ». À côté de cette catégorie de travailleurs, on peut citer les « protégés », recommandés par des anciens cadres de l’entreprise, un parent ou autre personne influente. Nous pouvons citer également ceux qui paient directement pour un emploi de fortune, de 30 à 50 mille francs selon la taille de l’entreprise et l’importance de la paie proposée.

– Camarade Zova

vendredi 30 mars 2018

Théorie : 1949 – La révolution chinoise


Le capitalisme et l'impérialisme ont été chassés du pays, mais le pouvoir politique est resté entre les mains d'un parti unique stalinien


En cette année (2009) du 60e anniversaire de la République populaire de Chine, le régime du Parti communiste chinois est particulièrement nerveux. Il dépend de plus en plus de campagnes de propagande prestigieuses, du style Jeux olympiques, pour s'assurer une certaine base de soutien ; en effet, malgré des décennies de croissance économique record, il est à présent confronté au mécontentement des travailleurs, des paysans et de la jeunesse.

Máo Tsé-Toūng (Mao Zedong), l'homme à la tête du Parti communiste chinois au moment de la fondation de la République populaire chinoise il y a 60 ans, a beau être crédité d'être le père fondateur de la nation, le point de vue officiel du régime actuel est que sa politique était une vision d'« ultragauche », qui a dû être « corrigée » par le retour à la loi du marché sous son successeur Tèng Hsiǎo-P'íng (Deng Xiaoping) en 1978. Pour en savoir plus sur la véritable histoire révolutionnaire de la Chine, nous devons tout d'abord nous pencher sur ses origines.



– analyse par notre camarade Vincent Kolo du groupe « Ouvrier chinois » (section chinoise du CIO), 2009

lundi 26 mars 2018

Théorie : Sortir du franc CFA


Oui, mais pour quoi faire ?


La politique monétaire est l’action par laquelle la Banque centrale agit sur l’offre de la monnaie dans le but de remplir son objectif triple : stabilité des taux d’intérêt, stabilité des prix (inflation), taux de change de la monnaie à l’extérieur. Il s’agit donc d’un outil important entre les mains des États pour réguler leur économie en fixant la valeur de l’argent : lorsque la valeur de change augmente, il est plus facile d’acheter des produits étrangers mais plus difficile de vendre, et vice- versa. De même, un taux d’intérêt (le « prix du crédit ») plus élevé décourage les emprunts et les investissements, un taux d’intérêt bas les encourage. Or, cet outil n’appartient pas à nos États.

– camarade Guide