mardi 16 janvier 2018

CI : Le travail en zone industrielle

L'aventure cauchemardesque


Des conditions de recrutement à celles de travail, un emploi dans les zones industrielles rapproche les travailleurs d'une situation de quasi-esclavage.

– Camarade Zova

vendredi 12 janvier 2018

Soudan : nouvelle explosion sociale

La contestation éclate face à la politique d'austérité du gouvernement


Des marches ont éclaté ce 8 janvier dans toute une série de villes du Soudan dont la capitale Khartoum, les villes du Sud (Nyala, Geneina et al-Damazin), ainsi que dans l'Ouest (Darfour).

La raison de ces mobilisations est le prix du pain qui a doublé après que, dans leur budget 2018 adopté le mois dernier, les autorités ont décidé de supprimer les subventions à cette denrée de base. Le ministère de l’Intérieur a déclaré que les manifestants seraient traités « avec force ». Un étudiant a été tué dans la répression qui a suivi, tandis que les dirigeants des partis d'opposition ont été arrêtés et que six journaux critiquant la baisse des subventions ont été interdits de vente.

– Sympathisant du Comité pour une Internationale ouvrière à Khartoum, Soudan

lundi 8 janvier 2018

Sortie du franc CFA – oui, mais comment et pour quoi faire ?



La politique monétaire est l’action par laquelle une banque centrale agit sur l’offre de la monnaie dans le but de remplir son objectif triple : stabilité des taux d’intérêt, stabilité des prix (inflation), taux de change de la monnaie à l’extérieur. Il s’agit donc d’un outil important entre les mains des États pour réguler leur économie en fixant la valeur de l’argent : lorsque la valeur de change augmente, il est plus facile d’acheter des produits étrangers mais plus difficile de vendre, et vice-versa. De même, un taux d’intérêt (le « prix du crédit ») plus élevé décourage les emprunts et les investissements, un taux d’intérêt bas les encourage. Or, cet outil n’appartient pas à nos États.

– camarade Guide

jeudi 28 décembre 2017

Europe : Une crise impossible et le spectre de la révolution

Le Comité exécutif international du CIO discute des perspectives pour l'Europe


Dans sa session consacrée à l'Europe, le Comité exécutif international du CIO s'est penché sur l'instabilité et les troubles politiques que l'on a vus cette année à travers tout ce continent. La session a été introduite par notre camarade Tony Saunois, du Secrétariat international du CIO, qui a tout d'abord insisté sur le fait que le CIO doit être prêt à répondre à toutes les ouvertures qu'offrira la crise politique des élites capitalistes européennes.

– Compte-rendu de notre camarade Matt Dobson, Parti socialiste écossais (section du CIO en Écosse)

mercredi 20 décembre 2017

TU MANGES, JE MANGE – MAIS MANGEONS-NOUS ?


Le samedi 15 aout 2017, lors d’une rencontre avec des militants du RDR – Rassemblement des républicains – à Adjamé, monsieur Cissé Bacongo, conseiller du président Ouattara chargé des affaires institutionnelles et juridiques, par ailleurs ancien ministre de la Fonction publique, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a caricaturé l’attitude de leur principal allié – le PDCI de Bédié – en ces termes : « Toi-même tu manges plus que moi, tu es devenu clair, tu es devenu rond, tu brilles, parce que tu n’as aucune charge. », « On te donne seulement, tu manges. Tu n’arrives même pas à respirer correctement. Maintenant, toi tu dis, alors qu’on mange : Lève-toi. Pourquoi moi je vais me lever ? Ca veut dire que tu veux manger seul. »
Quand on écoute Bacongo, on comprend toute la psychologie de notre classe dirigeante capitaliste : manger, manger et manger. Mais surtout manger seul, en petit clan, et tout manger, en riant de la faim de nous autres qui leur servons juste de chasses gardées pour leur battues électorales (augmentation du prix de l’électricité et de l’eau, vie chère, imposition d’une trêve sociale aux syndicats de travailleurs…), manger en riant de la faim de ceux qui leur ont servi de chair à canon dans la conquête du pouvoir (microbes, soldats mutins, démobilisés…), manger en riant de leur faim quand ils ne leur enlèvent pas carrément leur pain de la bouche (agrobusiness, déguerpissements, destruction des petits commerces…)
On comprend aussi pourquoi tout le monde ou presque (y compris les militants de base du RDR, malgré la prétendue banque qui leur a été offerte), se plaint du manque de charité. de ces cadres censés les arroser de milliards. C’est connu que « ventre plein n’a point d’oreille pour ventre affamé ».
On comprend enfin toute la laideur du système sur lequel repose votre gouvernement, vous comme vos alliés du RHDP. Nous comprenons bien votre recherche de profit personnel qui est l’essence de votre action politique. Allez ! Mangez ! Mais sachez que vos électeurs de 2010 et de 2015 ont compris votre mangécratie !
– camarade Zova
Faillite au CNRA


Le CNRA (Centre national de recherche agronomique), créé en 1998, est une entreprise publique à gestion privée. Il obéit à un souci de coordination plus utile dans la recherche agronomique devant améliorer l’agriculture en Côte d’Ivoire. Ce centre possède notamment des milliers d’hectares de plantation un peu partout dans le pays, notamment à Dabou, à Port-Bouët, à Divo, avec des stations de recherche dans toutes les principales régions du pays.

Cette structure est aujourd’hui paralysée par la mauvaise gestion du DG Yté Wongbé, nommé en 2012 à la tête de la structure. Ce dernier s’est vite rendu coupable de nombreuses malversations ; démis de ses fonctions par le conseil d’administration en 2016, il a été curieusement réinstallé à son poste par un coup de fil venu d’« en haut ». Depuis lors, plusieurs structures sont à l’abandon, dont les fameuses plantations qui ne sont plus entretenues faute de paiement aux fournisseurs et dont plusieurs sont menacées de disparition par des promoteurs immobiliers véreux.

Le DG a également viré des agents considérés comme pivots de l’entreprise pour installer à leur place des proches qui ne brillent pas par leurs compétence dans le domaine de la recherche agricole. Le nombre de travailleurs est ainsi passé, en 4 ans, de 1600 à 2100, avec une masse salariale qui est passée sur le même temps de 300 millions à 500 millions de francs. Et encore, c’est parce que le CNRA ne respecte pas non plus les salaires minimums !

Les agents du CNRA, confrontés à de nombreuses irrégularités de paiement de leurs salaires et au non-versement de leurs primes d’assurance santé, sont entrés en grève le 12 mai et encore une fois du 31 juillet au 2 aout pour protester contre cette situation. C’est à ce moment-là que le DG leur a fait savoir que le CNRA est en faillite. Depuis lors, les travailleurs ont eu droit à une séance de négociations avec leur ministre de tutelle, madame Bakayoko Ly-Ramata, qui leur a promis que la situation de leur centre serait bientôt réglée par le Premier ministre. Mais pour quand ?

C’est pourtant bien dommage quand on connait l’importance de l’agriculture dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui, rappelons-le, est premier producteur de cacao du monde, premier producteur d’hévéa et de banane douce africain, premier exportateur d’anacarde du monde, deuxième producteur d’huile de palme et premier producteur d’hévéa d’Afrique, etc.Mais tout cela, avec un manque criant de moyens et de formation des agriculteurs. Ce qui fait que nos rendements à l’hectare sont de dix à vingt fois inférieurs à ceux trouvés en Asie sous le même climat : il nous faut 10 ou 20 ha pour gagner ce que le planteur vietnamien ou indonésien gagne avec 1 ha. C’est ce gaspillage insensé de terres qui tue notre forêt et qui pousse nos frères ivoiriens et étrangers à se machetter dans l’Ouest.

Que faire donc ? Il est évident que la première chose à faire est d’insister pour voir disparaitre M. Wongbé et ses sbires de la tête du CNRA. Mais cela seul ne règlera pas le problème, puisque le CNRA en faillite est lui-même l’héritier de plusieurs structures similaires elles-mêmes en faillite. C’est-à-dire que la fameuse « gestion privée » n’a rien apporté en termes de gouvernance. Le seul remède contre la corruption à la tête de cette structure comme des autres structures étatiques (Anader, FIRCA, etc.) est la mise en place d’un conseil d’administration auquel siègeront des représentants des chercheurs, du personnel et des planteurs et planteuses des différentes régions, qui sont les premiers concernés et bénéficiaires.

Pour le développement de l’agriculture en Côte d’Ivoire, il faut de plus une véritable remise à niveau du CNRA et de l’Anader avec des fonds conséquents, gérés démocratiquement pour éviter les éternels gaspillages. La modernisation de l’agriculture passe par des investissements et des aides aux planteurs – aides matérielles, financements et formations – ce qui pourra être facilité par une collectivisation de l’agriculture, consistant en l’assocation graduelle et librement consentie des exploitations paysannes en coopératives de production pourvues d’un outillage mécanique perfectionné, avec le développement d’entreprises agricoles d’État, la création de stations de machines agricoles, de distribution d’engrais et de matériel végétal amélioré, ainsi que la mise en place d’une industrie dans l’intérieur pour la transformation des matières premières agricoles.

Afin que nos braves paysans ne soient plus marginalisés et bénéficient pleinement des fruits de leur labeur, tout en assurant que les revenus dégagés permettent un développement des infrastructures sociales.

– camarade Guide

mardi 12 décembre 2017

CEI 2017 : Perspectives mondiales

Le capitalisme mondial ne trouve aucune issue à la crise



Nous publions ici un projet de résolution sur la situation mondiale tel qu'adopté lors de la rencontre du Comité exécutif international du CIO qui a eu lieu en décembre de cette année, comme chaque année. La discussion a porté sur une analyse de la situation économique, politique et sociale au niveau international et des perspectives pour notre mouvement et la révolution mondiale contre le système capitaliste d'oppression.

– Secrétariat international du CIO, 8 novembre 2017 



dimanche 15 octobre 2017

Cent ans après la révolution russe d'octobre 1917

Quand la classe prolétaire a pris le pouvoir


« Pour nous, il ne s'agit pas de réformer la propriété privée, mais de l'abolir ; il ne s'agit pas d'atténuer les antagonismes de classe, mais d'abolir les classes ; il ne s'agit pas d'améliorer la société actuelle, mais d'en établir une nouvelle ».

–– Karl Marx et Friedrich Engels, Lettre à la Ligue des communistes, 1850

Dès la fin aout 1917, la crise révolutionnaire en Russie était arrivée à maturité. L'échec du coup d'État du général Kornilov avait rempli de confiance l'avant-garde prolétarienne et renforcé sa détermination. À son tour, la compréhension du lien entre économie et politique, entre la décision du gouvernement de transition de maintenir son engagement dans la guerre ainsi que la propriété privée des usines et des terres, la disette dont souffraient à la fois les travailleurs des villes, les paysans des villages et les soldats dans leurs tranchées – tous ces facteurs pénétraient dans la conscience de millions de gens en exposant l'ampleur des mensonges et des promesses trahies des partis SR (« socialistes-révolutionnaires », parti de gauche non marxiste) et menchévique (ex-fraction réformiste du Parti ouvrier social-démocrate de Russie), qui refusaient de rompre leur coalition avec la bourgeoisie et les grands propriétaires terriens.

Dossier par notre camarade Bárbara Areal – membre du Comité exécutif du groupe Gauche révolutionnaire (section espagnole du CIO), 5 octobre 2017 

mercredi 11 octobre 2017

Ernesto « Che » Guevara

50 ans après la mort du grand combattant socialiste révolutionnaire


Cinquante ans après sa mort, l'image du Che est toujours aussi connue pour la plupart des gens. Si beaucoup de gens arborent son image par simple effet de mode, pour d'autres (les plus nombreux), il s'agit d'une véritable déclaration politique, d'une commémoration du souvenir du Che en tant que symbole de lutte, de courage, d'internationalisme, en vue du combat pour un monde meilleur, un monde socialiste.

Tony Saunois, SG du CIO international, 09/10/2017

vendredi 10 février 2017

France : après Sarkozy, Juppé, Valls… Fillon ?

Leur système se délabre, un espace s’ouvre à gauche du PS


La défaite de Valls à la primaire du Parti (soi-disant) socialiste, large et cinglante, a été une nouvelle gifle pour lui. Face à lui, Hamon a obtenu presque 59 % des voix. Malgré l’appui de très nombreux dirigeants locaux et nationaux du PS, très peu de militants du PS (il n’en reste plus beaucoup, il est vrai) ont soutenu Valls. Son plus gros meeting de campagne a rassemblé à peine 500 personnes quand Hamon en réunissait 2000 à 3000. Lors des primaires, Valls n’a été capable de recueillir qu’un peu plus de 800 000 voix sur 44 millions d’électeurs potentiels. C’est donc le nombre de personnes qui ont été prêtes à se déplacer pour aller soutenir son bilan et celui des 5 ans de la présidence Hollande. 

Pendant ce temps, Marine Le Pen mobilisait 1000 personnes lors d'une conférence de deux jours à Lyon, Macro 8000 pour son meeting, et Mélenchon, 18.000 personnes lors d'un meeting retransmis en plusieurs endroits par… hologramme !

Valls a refusé d’écouter les millions de manifestants et de grévistes du printemps 2016 et les sondages qui disaient invariablement à l’époque que plus de 70 % de la population était opposé à la loi « Travail ». Il a poussé à la répression policière et judiciaire (1750 personnes subissent des poursuites judiciaires suite à la lutte contre la loi « Travail »), il a usé six fois de la manœuvre de l'article 49.3 pour imposer ses textes de loi sans vote à l’Assemblée nationale. A-t-il sérieusement cru que dès qu’il serait confronté à un minimum de démocratie, il n’allait pas subir les conséquences de son attitude autoritaire et méprisante ? Valls a récolté ce qu’il a semé et il est peu probable que le rejet qu’il inspire s’efface de sitôt.

C’est pour les mêmes raisons et selon le même mécanisme que Sarkozy et Juppé ont été dégagés lors des primaires de la droite, payant ainsi leur autoritarisme face aux luttes sociales et leurs nombreuses implications dans des « affaires ». Beaucoup ne veulent plus de ces politiciens arrogants qui ne tiennent au pouvoir que par des manœuvres antidémocratiques et qui se fichent de l’avis de la population. Il est donc particulièrement logique que le peu de démocratie que représentent les « primaires » ait suffit à dégager Valls et à montrer un rejet de sa politique.

– D'après un article de notre camarade Alex Rouillard, Gauche révolutionnaire (section française du Comité pour une Internationale ouvrière)