vendredi 7 février 2014

Un nouvel organe de lutte étudiante

Fesci hier, aujourdhui Liges – et après ?

 
La Ligue des groupements estudiantins et scolaires (Liges) est un syndicats des élèves et étudiants de Côte d'Ivoire né après la crise postélectorale et à la suite de deux ans de fermeture des universités d’Abidjan rebaptisées et “rénovées”.

Article par Dalaï, groupe sympathisant du CIO en Côte d'Ivoire (CIO-CI)


Au moment où être étudiant était devenu presque qu’une honte, voire un crime (vu que, selon une certaine opinion, tous les “malheurs” de notre pays semblaient provenir des seuls étudiants), il a fallu beaucoup de courage et d’audace à un groupe de jeunes pour refuser ce jugement trop facile. Ainsi donc, comme la Fesci en son temps, à un moment de braises ardentes, la Liges a d’abord commencé ses activités dans un climat de terreur, avant de devenir aujourd’hui un acteur incontournable. Cette Ligue aujourd’hui, tout comme hier la Fesci, mène, malgré l’armada sécuritaire installée sur la fac (Frci, police, vigiles, police universitaire et autres milices à la solde du pouvoir…), le combat des mal-aimés.
Malgré l’interdiction tacite des syndicats sur le campus, la Ligue continue sa noble mission. Car comment peut on construire quoi que ce soit avec des bénis oui-oui, avec des hommes qui ne savent ni revendiquer, ni discuter en vue de parvenir à un intérêt commun, c'est-à-dire, une société émergente socialiste ?

Comme hier pour la Fesci, l’heure de la reconnaissance nationale n’est peut être pas pour aujourd’hui ; mais demain, de jeunes leaders comme Tino ou Kpècthrè pourront peut être la connaitre.

Meeting de la Liges à l'arrêt de bus à la sortie du campus
 
Cependant, et nous insistons, tout comme hier la Fesci avait vite oublié sa mission d’avant-garde de la démocratie et des libertés publiques pour se transformer au contraire en bourreau de ces valeurs que sont la démocratie et la liberté, aujourd'hui et demain, la Liges doit tirer une leçon de son ancêtre au moment de son “apogée” afin d'éviter de sombrer dans les mêmes dérives.

Mais il serait utopique de s'imaginer que de telles dérives pourront être évitées par de simples vœux et déclarations de bonnes intentions. Afin de maintenir la barre vers notre idéal social, il importe de se doter non seulement d'une formation idéologique solide afin de bien discerner l'enjeu de notre lutte, mais aussi de structures et d'un fonctionnement aussi démocratique que possible, afin de garantir à tout moment le contrôle de la base sur les instances dirigeantes, ce qui inclut notamment la liberté de fraction, la liberté de parole, l'élection des dirigeants, et la possibilité de révoquer ceux-ci à tout moment.

Enfin, nous aimerions profiter de l'occasion pour dire merci à cette jeune structure et à ses leaders pour leur courage et pour leur combat au côté de la Cici.

Nous les anciens serons toujours là pour vous aider à mener la lutte pour le peuple de Côte d'Ivoire et non contre lui.

Camarade Dalaï, ancien SI Fesci ex-Flash (Université de Cocody) et ancien banni de l’université.


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