mercredi 18 mars 2015

Théorie : la démocratie en Afrique : quelle réalité ?

Pas de démocratie politique sans démocratie économique


Après les indépendances sans réelle indépendance, les dirigeants des « hommes de couleur » (nous faisons allusion à ceux des puissances coloniales) ont lancé paradoxalement la campagne de la « démocratie » comme étant l’idéal d’un modèle de régime. 

Lequel modèle était contradictoire au contexte africain d’alors, vu qu’en réalité il n’y a jamais eu de démocratie ni d’État à proprement parler, mais plutôt des territoires d’outre-mer qui ne disent pas leur nom. En réalité, ce n’est que de la poudre aux yeux, un « os » à croquer, une stratégie politique consistant à maintenir le peuple africain dans l’obscurantisme. C’était une manière de détourner l’attention des Africains. Voyons la définition que l'on donne de ce fameux concept. 

– Alino


« Démocratie » vient du grec « demos », qui signifie le peuple, et de « kratos », qui signifie le « pouvoir ». C’est donc  le « pouvoir du peuple » ; en d’autres termes, il s’agit d’un système d’élaboration de règles institué par le peuple qui doit obéir à ces règles. Bref, pour citer Abraham Lincoln, « c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». 

Rappelons que la « démocratie » connait plusieurs approches selon l’optique  philosophique, idéologique, politique, culturelle, sociale et économique. Alors, partant de ce fait, demandons-notre si notre existence est bien le reflet de cette pensée tant prônée ? Les promoteurs de cette philosophie n’ont pas manqué de se fourvoyer en étalant leurs incohérences sur cette question. Pour certains, la démocratie pourrait éclairer les Africains, donc il ne fallait pas leur offrir cette opportunité car, disaient-ils, la démocratie est un « luxe » auquel les Africains ne peuvent prétendre, du fait de leur « immaturité ». 

Ainsi l’ex-chef de l’État français Jacques Chirac disait-il : « Le peuple africain n’est pas mur pour la démocratie ». Aberration ! De quelle maturité parlait-il ? En réalité, c’est un sentiment de peur. Disons que ces gens redoutent le jeu démocratique qui pourrait favoriser la prise du pouvoir par des jeunes nationalistes au détriment de certains dirigeants acquis à la cause impérialiste. Voici en vérité ce qu’ils craignent. 

Depuis les indépendances, l’Afrique ne cesse d’enregistrer des foyers de crises de succession dans la majorité des pays dits démocratiques. Or, ailleurs, de manière paradoxale chez eux (les promoteurs), nous assistons à des transitions démocratiques sans crise. Paradoxe. Nous parlons de contradiction dans la mesure ou la « démocratie » ici en Afrique rime avec « hypocrisie », « démagogie » et « crise ». Désormais on ne dira plus « démocratie », mais plutôt « démocrisie » (démocratie plus hypocrisie et démagogie) ou « démocrise » (démocratie et crise). 

Nous ne disons pas que la démocratie en soi est un mauvais régime (d’ailleurs, notre avenir y réside), mais nous condamnons cette démocratie à l’occidentale, une démocratie bourgeoise tropicalisée sous nos cieux. Nous pensons que la démocratie est victime de calculs géopolitiques, impérialistes et capitalistes. Pire, ces « pseudodémocrates » entrent en concubinage incestueux avec l’élite africaine. 

Le peuple africain doit se réveiller, se désaliéner, a besoin de s’émanciper, de comprendre les enjeux économiques et politiques actuels. Car ses ennemis sont des gens qui pensent, planifient, prennent le pouls des évènements, anticipent, font des propositions, réfléchissent et jouent sur des concepts fabriqués et qu’ils imposent aux peuples faibles. 

Chers citoyens africains, vous devez comprendre que notre chère Afrique constitue plus que jamais un enjeu de taille pour ceux qu’on nomme « puissances mondiales ». Le monde est dans un  système antihumaniste qui ne dit pas son nom et qui a ses propres règles à lui, ses propres moyens et sa propre « civilisation ». Parmi cet arsenal figure le concept de « démocratie à l’occidentale», une démocratie bourgeoisie. 

Africains ! Africaines !il existe une problématique au-delà de nos différences ethniques, religieuses, culturelles. Oui, la vie est en danger dans cette civilisation malade et agonisante. Et l’Afrique est une victime de ce système. 

C’est pourquoi l’Afrique doit trouver des organes de gestion du pouvoir qui permettront une véritable participation du peuple, pour mettre en place une démocratie qui sera autre chose qu'un jeu entre partis politique bourgeois dont le seul objectif est l'« arrivée au pouvoir » coute que coute. Des institutions qui émanent de la masse et qui tiennent compte des conditions locales et des véritables aspirations du peuple afin de se repositionner économiquement, culturellement et politiquement. Des expériences telles que le Balai citoyen au Burkina Faso ou le mouvement des parlements et agoras en Côte d'Ivoire sont à ce titre des exemples intéressants qui ne demandent qu'à être approfondis. 

Il nous faut cependant ne pas perdre de vue le fait qu'il ne pourra jamais y avoir de démocratie politique véritable sans une démocratie économique, dans laquelle le peuple pourra lui-même choisir en toute liberté ce qu'il convient de produire et quelles ressources mobiliser pour satisfaire ses besoins, plutôt que d'attendre le bon vouloir d'« investisseurs privés » et autres « opérateurs économiques » qui se font prier. C'est pourquoi nous nous engageons résolument sur la voie du socialisme vrai, dans le cadre d'une confédération socialiste panafricaine.

L’Afrique compte sur vous ! Africains unissez-vous, la renaissance a sonné !

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi aller lire cet article : « Quelle démocratie voulons-nous ? »


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