vendredi 19 juillet 2013

Nigeria : grève des professeurs d'université / meurtres d'étudiants par la police

SOUTENEZ LA GRÈVE !
NE LA BRISEZ PAS !

 

 

Les professeurs de l'université et les étudiants doivent être unis dans la lutte contre le sous-financement de l'enseignement public !



Appel aux étudiants nigérians lancé par la Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC) du Nigeria à soutenir la grève des professeurs

suivi de

Appel à la solidarité et aux protestations contre le meurtre d'étudiants au Nigeria et la répression policière (ERC)

Très chers étudiants nigérians, l'heure est grave ! Il est temps que nous partions en action afin de sauver le secteur de l'enseignement nigérian de la ruine complète ! Sachez que tout au long des années 2000 à 2011, le gouvernement nigérian a engrangé au total 48 000 milliards de naïras (150 millions de milliards de francs) rien que de la vente de notre pétrole, comparé aux 3000 milliards de naïras accumulés entre 1979 et 1999 (The Guardian, 24 mars 2013). Avec cet accroissement sans précédent du revenu national, on aurait pu penser que cela se serait traduit par une hausse sans précédent elle aussi du niveau de vie et de la qualité de l'enseignement public nigérian, de même que des autres services publics.

Malheureusement, étant donné l'état actuel de l'enseignement public, il est bien clair qu'il est plus encore que jamais auparavant empêtré dans une crise monumentale, essentiellement due au manque de financement. En fait, la part du budget national pour l'éducation est passée de 12 % en 1985, à 8,5 % en 2013. Lorsqu'on compare ce chiffre de 8,5 % à la recommandation de l'Unesco, qui est de 26 % du budget consacré à l'enseignement, on voit que le gouvernement nigérian n'est en réalité pas du tout intéressé par ce financement de l'enseignement.

Cela explique pourquoi le gouvernement nigérian trouve cela parfaitement normal de consacrer à peine 8,5 % de son budget à l'enseignement, alors qu'un tiers du même budget sert à payer les salaires, allocations et per diem des politiciens et des cadres du gouvernement. C'est tout bonnement scandaleux, surtout dans une situation où de nombreux pays qui ont un plus petit PIB que nous consacrent pourtant une plus grande part de leur budget à l'enseignement national : prenons par exemple le Ghana (31 %), la Côte d'Ivoire (20 %), le Kenya (23 %), le Maroc (18 %), le Botswana (19 %), le Swaziland (25 %), le Lesotho (17 %), le Burkina (17 %), l'Ouganda (27 %), et la Tunisie (17 %).

La conséquence de ce sous-financement, est que l'enseignement public nigérian, de l'enseignement primaire jusqu'à l'enseignement supérieur, est tourmenté par le manque d'infrastructures qui empêchent un enseignement, un apprentissage et une recherche de qualité. Les logements pour les élèves et les étudiants, là où ils existent encore, sont délabrés et inconfortables. L'accès à l'enseignement s'est grandement réduit. Plus de 10 millions d'enfants du Nigeria ne vont pas à l'école.

Cette année 2013, sur les 1,7 millions de candidats à l'examen UTME (= Bac), on sait d'avance que seulement 30 % d'entre eux pourront trouver une place dans un institut d'enseignement supérieur (université, école polytechnique, haute-école), vu le manque de places dans tout le pays – 1,2 millions d'entre eux devront donc attendre leur tour pour pouvoir s'inscrire, qu'ils réussissent ou non l'examen.

Aucune université du Nigeria ne fait partie des 3000 meilleures universités du monde, ni même des vingt meilleures universités d'Afrique. Tous nos intellectuels préfèrent aller chercher une vie meilleure à l'étranger, la fuite des cerveaux est terrible et pèse sur l'enseignement nationale. Il ne reste que 34 504 professeurs dans nos universités. De ces professeurs, seuls 28 128 d'entre eux (75 %) sont engagés avec un contrat permanent. On estime qu'il manque environ 50 000 professeurs dans les universités et hautes-écoles du pays. Mais le gouvernement ne fait rien pour remédier à la situation, alors que nous voyons d'un autre côté des dizaines de milliers de jeunes diplômés chômeurs qui pourraient occuper tous ces postes.

La grande université d'Abuja n'est plus aujourd'hui en réalité qu'un lycée amélioré. Les facultés de médecine et d'ingénierie ne répondent à aucune norme d'enseignement. Il n'y a aucune infrastructure pour les accueillir. Les autres facultés sont elles aussi en crise, avec leurs infrastructures en décomposition. À l'université de l'État d'Osun, trois générations d'étudiants en médecine sont bloqués entre leurs stages pré-cliniques et cliniques, parce qu'il n'y a pas de CHU pour les accueillir.

Malheureusement, alors que les syndicats de l'enseignement sont à présent partis en lutte contre le gouvernement pour tenter de sauver notre enseignement d'un effondrement final, on n'entend rien de la part de l'Association nationale des étudiants nigérians (NANS) – alors que cette plate-forme est pourtant censée représenter les intérêts et les attentes des étudiants nigérians, qui sont en première ligne de la politique antisociale de sous-financement et de commercialisation de l'enseignement adoptée par le gouvernement.

Rien que cette année, près de 10 étudiants ont été tués par la police durant diverses manifestations sur différents campus contre la hausse des frais d'inscription et autres taxes demandées aux étudiants. À l'université d'Uyo, 44 étudiants sont toujours détenus pour avoir protesté contre la hausse des frais. L'année passée seulement, le gouvernement ACN de l'État de Lagos a fait passer les frais d'inscription de l'université de l'État de Lagos (LASU) de la somme de 25 000 naïras (78 000 francs) à une nouvelle somme comprise entre 280 000 et 345 750 naïras (870 000 – 1 millions de francs). Cette politique antisociale a causé un déclin immédiat dans le nombre d'étudiants inscrits : les pauvres ne sont plus admis ! 

La diminution du nombre d'étudiants entraine maintenant un plan de restructuration de divers départements de l'université : des départements entiers vont être supprimés ou fusionnés l'un avec l'autre, ce qui aura pour conséquence le licenciement d'une grande partie du personnel, enseignant comme non-enseignant, et une encore plus grande réduction de l'accès à un enseignement universitaire. En même temps, à l'Unilag (Université de Lagos) et à l'OAU (Université Obafemi Awolowo), les étudiants se sont vu retirer leurs droits syndicaux. Et tous ces cas ne sont que des exemples parmi bien d'autres.

C'est pourquoi, la Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC) appelle les étudiants à soutenir la grève des travailleurs de l'enseignement menée par les syndicats ASUU, ASUP, SANNIP et NUT afin de sauver notre enseignement public de la ruine.

Manifestation à l'université de Lagos

 

La grève de l'ASUU


C'est ce lundi 1er juillet que le Syndicat du personnel académique de l'université (ASUU) s'est vu contraint de reprendre son action de grève qu'il avait suspendue en février 2012. Comme toujours, la question était encore une fois le refus du gouvernement fédéral de respecter l'accord qu'il a pourtant signé en 2009.

Depuis 2009 donc, le syndicat a mené toute une série d'actions, y compris des dialogues et des grèves d'avertissement, sans jamais parvenir à convaincre le gouvernement de satisfaire ses revendications. Il faut pourtant noter que les revendications de l'ASUU ne concernent pas seulement le salaire de ses membres, mais visent à un refinancement de l'enseignement afin d'obtenir des infrastructures d'enseignement de qualité.

L'accord était censé constituer un engagement honorable entre les deux parties. Mais pourtant, le gouvernement du président Jonathan n'a jamais respecté l'accord de 2009. Par exemple, alors que cet accord mentionne une hausse annuelle de la part du budget d'État consacrée à l'enseignement, de 2009 à 2020, jusqu'à atteindre les 26 %, le gouvernement fédéral n'a accordé à l'enseignement que le montant ridicule de 8,5 % cette année.

Tout ce que l'ASUU demande est que l'accord signé soit respecté. À tous les étudiants : nous ne pouvons rester indifférents quant au contenu de cet accord, uniquement parce que ce mouvement tombe mal par rapport au calendrier !

Si cet accord était respecté entièrement, et que nous exigions en même temps la gestion démocratique des établissements par des comités comprenant des représentants élus des travailleurs de l'enseignement et des étudiants, nous pourrions garantir le fait que notre enseignement soit financé correctement, et cela serait d'un grand réconfort pour les étudiants qui sont tellement fatigués par la situation. Il est par conséquent dans l'intérêt des étudiants eux-mêmes de tout faire en sorte pour que cet accord soit entièrement respecté, en soutenant l'ASUU et en luttant ensemble pour sauver notre enseignement de la ruine.

Grève des enseignants universitaires

 

Pour une lutte commune


Comme l'a montré l'expérience des trois dernières années, il faudra une lutte bien plus grande que celle qui a contraint le gouvernement a signer l'accord pour forcer ce même gouvernement capitaliste corrompu à respecter le contenu de cet accord. C'est pourquoi bien que l'ASUU part à nouveau en grève, nous devons insister à nouveau sur le fait que cette grève ne devrait pas se contenter d'être une action où chacun reste à la maison. 

Cette grève doit se transformer en une lutte de masse afin de forcer le gouvernement à utiliser les immenses richesses du Nigeria pour le refinancement de l'enseignement, pour le rééquipement des établissements en matériel et en infrastructure, et pour satisfaire les revendications du personnel en termes de salaire et de conditions de travail. Cela veut dire que l'ASUU doit commencer à mobiliser ses membres mais aussi les étudiants, la jeunesse et le grand public pour des actions de masse telles que des meetings, des distributions de tracts et des manifestations.

Mais au final, nous devons garder à l'esprit qu'aucune des revendications de l'ASUU ne pourra être satisfaite sans infliger une défaite à la politique antisociale du gouvernement. C'est-à-dire que cela ne pourra se faire que par un gouvernement qui se serait réellement engagé à utiliser les immenses richesses du Nigeria pour financer l'enseignement et améliorer les conditions de travail et salariales du personnel. 

C'est pourquoi dans cette grève, tout comme dans toutes les grèves à venir, nous devons mettre à l'avant-plan les revendications pour le refinancement de l'enseignement, pour la gestion démocratique des établissements sur base de comités élus de représentants du personnel et des étudiants et pour un enseignement gratuit à tous les niveaux, non pas en tant que revendications secondaires, mais en tant que revendications pour lesquelles l'ASUU se battra et continuera à se battre, même au cas où le présent accord était respecté.

Nous autres, membres de la Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC), sommes convaincus que pour remporter cette lutte nécessaire pour sauver l'enseignement public, tous les syndicats (ASUU, NASU, ASUP, NUT, SSANIP, SSANU, NANS, etc.) doivent s'allier et lutter ensemble. Nous appelons à la mise sur pied d'une campagne coordonnée par l'ensemble des syndicats du secteur de l'enseignement afin de contraindre le gouvernement à satisfaire nos revendications en terme de refinancement de l'enseignement et de gestion démocratique des établissements d'enseignement.

 
Étudiants manifestants pour le refinancement à hauteur de 26 %
du budget d'État

NOS REVENDICATIONS :
  1. Respecter la totalité de l'accord de 2009 entre le gouvernement et l'ASUU, et de tous les autres accords signés avec les autres syndicats mais non-respectés (ASUP, SSANIP, NASU, SSANU et NUT)
  2. Refinancer l'enseignement à hauteur de 26 % du budget national, en ligne avec les recommandations de l'Unesco
  3. Améliorer les conditions salariales et de travail de l'ensemble du personnel enseignant et non-enseignant
  4. Un enseignement gratuit et de qualité à tous les niveaux
  5. Annulation immédiate des frais d'inscription à LASU et dans tous les autres établissements du pays
  6. Non à la victimisation ! Pour le respect du droit à un syndicalisme indépendant
  7. Non aux attaques policières et au meurtre d'étudiants ! Libérez nos camarades de l'UniUyo !
  8. Représentation démocratique du personnel (enseignant et non-enseignant) et des étudiants dans l'ensemble des organes de direction des établissements
  9. Nationalisation des secteurs-clés de l'économie sous contrôle et gestion démocratique des travailleurs
Tract distribué par la Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC)
 
L'ERC demande que toutes les revendications des syndicats soient satisfaites,
et un enseignement gratuit et de qualité pour tous les jeunes

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La brutalité policière et le meurtre des étudiants au Nigeria

Appel à des manifestations et actions de protestation

 

 

Déclaration de la Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC)

 

Dix étudiants ont déjà été tués par la police cette année. La plupart des ces meurtres ont été commis au cours de manifestations étudiantes. La Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC) a condamné ces meurtres, dont le dernier s'est produit à l'université d'Uyou (UnyUyo) mercredi 12 juin 2013. Nous appelons le mouvement étudiant, le mouvement syndical, les organisations socialistes et la société civile du Nigeria et internationale à dénoncer la répression croissante contre les étudiants.

La police nigériane utilise toujours aujourd'hui des méthodes extrêmement brutales contre les manifestations, y compris les tirs de lacrymos et les fusillades. Les méthodes civilisées de contrôle de foule sont complètement inconnues de la police nigériane. Malgré le fait que le régime militaire ait pris fin il y a dix ans, la police du Nigeria continue à perpétrer les mêmes actions brutales et sanglantes que sous la dictature militaire. Selon une loi coloniale qui, bien qu'invalidée par les tribunaux, est toujours utilisée par la police, les manifestants doivent demander une autorisation de la police avant d'organiser toute manifestation. Comme chacun le sait sans doute, cette loi n'est pas une simple régulation, mais est un outil juridique consciemment employé afin de rendre toute activité d'opposition impossible.

Il faut cependant bien dire que les étudiants ne sont pas les seules victimes de la brutalité policière et des tueries extra-judiciaires. De nombreux jeunes, surtout dans les quartiers pauvres, sont confrontés tous les jours au harcèlement policier, qui va jusqu'à la détention arbitraire et la mort des victimes.

Le meurtre d'étudiants par la police survient dans un contexte de décomposition de l'enseignement public et d'une politique de coupes croissantes dans le budget de l'enseignement. Les premières victimes cette année étaient quatre étudiants de l'université de l'État deNasarawa, qui ont été abattu pendant une manifestation étudiante contre les coupures d'eau et d'électricité sur le campus, le 25 février. Malgré les promesses du gouvernement qui disait qu'une enquête allait être menée, on n'a plus rien entendu à ce sujet depuis.

Les quatre victimes du début de l'année

Le dernier meurtre, le 12 juin, s'est produit lorsque la police anti-émeutes a envahi l'université d'Uyo et tiré sur les étudiants qui manifestaient contre les frais exorbitants et contre le mauvais état des amphis. Kingsley Udoette, étudiant en zoologie, est mort d'une balle dans le ventre, et 45 étudiants ont été arrêtés et sont toujours détenus. Pour ajouter à cette tragédie, cinq cadres de l'Association nationale des étudiants nigérians (NANS) qui étaient en route en toute urgence pour tenter de parvenir à des négociations le lendemain, ont trouvé la mort dans un accident de voiture.

Kingsley Udoette

Entre février et juin, il y a eu de nombreux cas de meurtres arbitraires d'étudiants par la police, parfois dans des circonstances qui n'avaient rien à voir avec les manifestations. Par exemple, le 28 février, Seyi Fasere, étudiant à l'université de l'État d'Ekiti, a été abattu par la police, alors qu'il revenait de son village d'Ilupeju où il était parti chercher l'argent pour payer son inscription ; sur le chemin du retour, le bus dans lequel il se trouvait a été attaqué par des bandits non loin du campus d'Oye Ekiti. Le chauffeur est sorti de la route, et tous les passagers sont descendus et ont fui dans les buissons. Quelques minutes plus tard, après que les bandits soient partis, la police est arrivée, a fouillé les buissons, et y a trouvé Seyi qui s'y cachait, avec d'autres. Ils l'ont fouillé et ont trouvé sur lui les 100 000 naïras (300 000 francs) qu'il avait été chercher chez ses parents au village. La police a donc décidé que c'était la preuve qu'il était complice des bandits. Ils l'ont alors amené au poste de police, où il a été abattu par un policier qui se fait appeler “Akobi Esu” (le Fils du Diable).

 
Seyi Fasere et ses parents

Le 27 mai, Ahmed Dayo, étudiant en comptabilité à l'école polytechnique de l'État de Kwara, a été abattu alors qu'il se trouvait dans un taxi, par des policiers qui escortaient une camionnette appartenant à une banque. La police s'est justifiée en disant qu'ils voulaient seulement tirer sur les pneus du taxi, parce qu'il était trop près de la camionnette qu'ils escortaient. Sauf qu'au lieu de tirer dans le pneu, les policiers ont tiré sur le véhicule, touchant Dayo par la même occasion, qui a ainsi perdu sa jambe. De même, le 27 mai, Ibrahim Momodu, étudiant à l'université de Bénin, a été abattu par l'agent Carol Afegbai, officier de la division d'Ogida.

Ahmed Dayo
Ibrahim Momodu et la policière qui l'a tué
D'autres exemples de la brutale répression des manifestations étudiantes par la police ne sont pas connus parce qu'ils n'ont pas causé la mort, mais ont pourtant causé des dégâts extrêmement graves à cause des tirs, de l'inhalation de gaz lacrymos, des arrestations et détentions arbitraires. Le 20 mai, plusieurs étudiants de l'université Olabisi Onabanjo ont été brutalisés par la police qui était venue pour disperser leur manifestation contre la décision de la direction de l'université d'interdire l'accès aux examens aux étudiants qui n'avaient pas pu payer leurs frais d'inscription. Dix d'entre eux ont été arrêtés.

La meilleure réponse face à la répression est d'intensifier la lutte étudiante contre la politique antisociale dans l'enseignement, en appelant à des journées d'action nationales, comme des journées “campus mort” et des manifestations partout dans le pays.

Lorsque quatre étudiants de l'université de l'État de Nasarawa ont été tués par la police en février, la direction de la NANS avait promis d'enflammer le pays dans les médias, mais finalement a laissé la situation se calmer sans organiser de nouvelles actions politiques. À ce moment pourtant, l'ERC avait appelé à desmanifestations de solidarité contre la tuerie en tant que meilleure réponse à ce crime, et nous avons organisé deux actions à Lagos et à Bida. Mais la NANS a refusé de reprendre cet appel, même alors que les meurtres se poursuivaient sur d'autres campus.

Manifestation de la NANS contre le meurtre de quatre étudiants en février

L'objectif des meurtres et de la répression policière est d'intimider les étudiants et de leur faire passer l'envie de lutter qui est pourtant bel et bien présente sur tous les campus. Tous les problèmes de l'enseignement (frais d'inscription, sous-financement, manque d'infrastructures, problème d'accès, etc.) sont toujours là, et deviennent de plus en plus graves. Le gouvernement fédéral PDP et les gouvernements régionaux, y compris ceux qui sont dirigés par des partis d'opposition, sont tous d'accord sur la même politique antisociale qui vise à empêcher l'accès aux études pour les jeunes de familles pauvres, avec ces frais d'inscription incroyablement élevés. Malheureusement, la riposte à toutes ces attaques destructrices pour notre enseignement est restée fragmentée et localisée sur les différents campus, parce que la NANS refuse de jouer un rôle de coordination. C'est pourquoi les socialistes et les militants de l'ERC attachent tellement d'importance à l'appel à une campagne coordonnée qui débuterait par une journée d'action étudiante nationale afin de protester contre la répression policière et contre l'ensemble de la politique antisociale dans l'enseignement. Une telle campagne doit également annoncer la nécessité de la fin du capitalisme et d'une alternative socialiste.

Nous exigeons la libération des étudiants arrêtés, la satisfaction de toutes les revendications des étudiants (annulation de la hausse des frais d'inscription, amélioration des conditions de vie et d'apprentissage), l'annulation de la politique antisociale dans l'enseignement, et la mise sur pied de comités d'enquête indépendants constitués de représentants élus des syndicats étudiants, des syndicats du personnel de l'enseignement, et de représentants des familles des victimes et de leur quartier, afin d'enquêter sur les meurtres et de décider de la punition à infliger aux officiers responsables du meurtre d'étudiants ; nous exigeons également une réforme complète de la police nigériane qui inclue le contrôle démocratique de la police par des représentants élus des quartiers et du mouvement ouvrier (syndicats, etc.), de même qu'une hausse salariale et des droits syndicaux pour l'ensemble des agents de police, hommes et femmes.

L'ERC appelle les syndicats, les associations étudiantes, la société civile et toutes les organisations socialistes, au Nigeria et partout dans le monde, à dénoncer et à protester contre la répression policière et contre le meurtre d'étudiants, en écrivant des lettres de protestation aux autorités nigérianes. Les lettre peuvent être envoyées via les ambassades du Nigeria ; vous pouvez également envoyer des mails, des sms, ou appeler les autorités au Nigeria ou votre ambassade du Nigeria afin de leur faire connaitre votre mécontentement face à cette répression sanglante

L'ERC en campagne : Non à la hausse des frais et au sous-financement de
l'enseignement ! Un enseignement gratuit et de qualité est possible !
Pour des grèves étudiantes et des actions de masse dès maintenant !

 

Envoyez vos lettres de protestation à l'Assemblée nationale du Nigeria :

 
repscontact@nass.gov.ng
repinfo@nassnig.org
clerknass@nassng.org
clerksenate@nassng.org
clerkreps@nassng.org

 

ou à la police nigériane :

 

policemonitor@npf.gov.ng
doublefrank2000@yahoo.com

Vous pouvez aussi envoyer des sms à ou appeler la police aux numéros suivants : NPF : 07066228200, IG MD Abubakar : 08059666666, Police DFPRO CSP Frank Mba : 08038375844.

 

Veuillez envoyer une copie de ces lettres à :

 

nanssecretariat2013@gmail.com
edurightsforall@yahoo.co.uk

Vous pouvez également organiser des actions de solidarité au Nigeria ou dans votre propre pays, devant les ambassades du Nigeria. Les syndicats du personnel de l'enseignement comme ASUU, SSANU, NASU et le Syndicat des enseignants du Nigeria (NUT), tout comme le Rassemblement ouvrier du Nigeria (NLC) et le Rassemblement syndical (TUC), ont le devoir de dénoncer dans les termes les plus vifs la répression policière, et d'organiser des actions de solidarité afin de soutenir les étudiants. La solidarité, du Nigeria comme d'en-dehors, sera un signe d'encouragement pour les étudiants, afin qu'ils ne se laissent pas abattre dans leur lutte contre les attaques néolibérales sur l'enseignement public, même face à la répression.
 
Hassan Taiwo Soweto
Coordinateur national
Campagne pour le droit à l'enseignement (ERC)

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