mardi 14 mai 2013

CI : un chômage de masse

Un million d'emplois en cinq ans ?



L'emploi est, avec la cherté de la vie, actuellement un des sujets les plus au cœur des préoccupations des Ivoiriens. Alors que le chômage dans le monde ne cesse de croitre avec la crise économique mondiale, la Côte d'Ivoire connait quant à elle des difficultés supplémentaires au vu de la dévastation causée par des années de guerre civile et par la crise post-électorale.



Le chef de l'État, le néolibéral Alassane Ouattara, a lui-même reconnu que le pays était dans un état “pire que ce qu'il avait cru au départ”, et qu'il ne pourrait sans doute pas réaliser sa promesse de créer un million d'emplois avant la fin de son mandat – ce qui l'a amené à d'ores et déjà annoncer sa candidature pour 2015. 

Article par Jules Konan

 



Les chiffres du chômage en Côte d'Ivoire
À l'occasion du 1er Mai, plusieurs journaux ont fait le point sur la situation du chômage en Côte d'Ivoire, avec des chiffres peu reluisants. Les données officielles font état d'un chômage touchant 18 % de la population active (depuis lors, “rectifié” à 9 % par l'Agepe – 25/07/13) ; l'UGTCI table plutôt sur 44 %, ce qui se rapproche du chiffre confirmé par une enquête du patronat ivoirien qui évalue le nombre de chômeurs entre 4 et 5 millions, et sur le chiffre de l'OIT (Organisation internationale du travail) qui est de 4 742 000 chômeurs. Le taux de pauvreté quant à lui serait de 50 %. Comme dans les autres pays, le chômage frappe surtout les jeunes : les deux-tiers des demandeurs d'emploi ont entre 15 et 30 ans, et 23 % des 15-45 ans seraient au chômage.



Autre détail alarmant, le nombre de jeunes diplômés et qui se retrouvent à faire des petits métiers du genre gérant de cabine téléphonique. J'ai ainsi rencontré il n'y a pas longtemps un jeune vêtu de haillons me demandant de travailler sur une plantation pour un salaire ridicule de 30 000 francs par mois, alors qu'il est titulaire d'un master en mathématiques ! Ce phénomène touche de nombreux pays : on lisait aussi dans Jeune Afrique il y a quelques mois l'histoire d'un jeune détenteur d'un DEA en Gestion de conflits qui gagne maintenant sa vie en cassant des cailloux pour faire les routes. En Côte d'Ivoire, 73 % des demandeurs d'emploi ont le Bac ; parmi eux, 41 % ont un BTS, et 13 % ont un master universitaire. Et une majorité d'entre eux sont à la recherche de leur premier emploi, certains depuis très longtemps.



Vu le fait qu'un master ne garantit pas un emploi décent, beaucoup de diplômés se voient contraints de prolonger leurs études par des DEA et des doctorats… jusqu'à se voir finalement refuser un emploi sous prétexte qu'ils sont sur-diplômés !



L'État se défend en prétendant avoir créé toutes sortes d'emploi par les grands travaux et par l'afflux massif d'investissements étrangers. La fameuse croissance à deux chiffres (presque 10 % en 2012, beaucoup plus que la croissance chinoise par exemple) ne se ressent pourtant pas dans la poche de la population. 

Le fameux emploi “cabine téléphonique”
Des grands travaux porteurs d'emploi ?



Et les grands travaux sont loin d'être une solution : le troisième pont d'Abidjan, qui s'annonce dès le départ être un trou sans fonds pour les finances du gouvernement, ne créera que 200 emplois permanents (pour la collecte du péage…), et ne nécessite en ce moment que 600 ouvriers temporaires. Les travailleurs du chantier du nouveau pont se plaignent en outre de l'absence de statut ou de contrat (ils peuvent se faire renvoyer à tout moment sans préavis) et de leur salaire de misère : 3000 francs par jour alors que le simple transport pour se rendre sur le chantier et rentrer chez soi tous les jours peut déjà bouffer les deux-tiers de cette somme. Les heures supplémentaires n'y sont pas prises en compte, et les salaires arrivent souvent en retard de plusieurs semaines. Même constat sur le chantier de la cité ADO. Quant au barrage de Soubré censé créer “des milliers d'emplois”, il semblerait que ces milliers ne se chiffreront au final qu'à 800 tout au plus (emplois saisonniers). Les autres initiatives du genre les “Thimo” (travaux à haute intensité de main d'œuvre) eux aussi ne concernent qu'une main d'œuvre non qualifiée et mal rémunérée.



Le directeur de l'emploi, M. Danho, dit que ces emplois temporaires sont tout de même l'occasion pour ces travailleurs de “gagner une expérience”. Soit. Mais on voit aussi la difficulté des jeunes à trouver un stage, pourtant présenté comme une importante solution au problème du manque d'expérience par l'Agepe. La “Tribune de l'économie” rapportait ainsi les propos d'un jeune diplômé détenteur d'un BTS en mines, géologie et pétrole, qui disait que sur 32 étudiants de sa promotion, seulement 2 sont en stage. Sans oublier évidemment que le programme de stage comporte le risque que des jeunes se retrouvent à enchainer les stages non-stop par des entreprises qui abusent de ce statut.

Les grands travaux dont parle le temps le régime ne créent que des emplois
temporaires et mal rémunérés


L'afflux d'investissements étrangers ?

En ce qui concerne l'afflux massif de capitaux étrangers, là aussi, on a de la peine à les trouver. La plupart de ces “grands investissements” ne sont que du fait de boites installées depuis des années et qui aujourd'hui reviennent reprendre leurs activités interrompues pendant la crise. Les autres investisseurs boudent la Côte d'Ivoire (mis à part les Bolloré et Bouygues qui sont toujours les bienvenus), et ce ne sont pas les chamailleries post-élections municipales, causées par des ministres du gouvernement, qui leur redonneront confiance dans la stabilité du pays.



Par contre, d'après le ministre de l'Emploi Dosso Moussa, entre le 30 avril 2012 et le 1er mai 2013, 92 entreprises ont fait l'objet de licenciement pour motif économique, entrainant la perte de 2793 travailleurs. De même, 71 entreprises ont observé le chômage technique, avec la perte temporaire de 3024 emplois.

De futurs investisseurs ?

Les efforts dérisoires de l'administration


Certaines initiatives sont louables, comme le projet de l'Agepe qui est d'installer 100 000 jeunes sur cinq ans dans l'agriculture, mais là aussi, non seulement on n'arrive pas forcément au bout du compte, mais ce projet dont on parle depuis plus d'un an n'a toujours pas dépassé le stade de la présentation. Il semble que seul le ministre de l'Emploi soit réellement optimiste quant à la capacité du gouvernement à trouver le million d'emplois promis

On appréciera aussi la mise en place d'une allocation chômage allant de 50 000 à 80 000 francs par mois. Celle-ci est disponible pour tous les Ivoiriens ayant travaillé un an, licenciés pour motif économique, et qui en font la demande auprès de l'Agepe. Vu le nombre de jeunes à la recherche d'un premier emploi cependant, cela ne résoudra le problème que pour des ménages déjà bien installés et qui ont été victimes d'une restructuration. Cela suppose aussi que le travailleur ait obtenu un véritable contrat avec des fiches de salaire, etc. C'est une avancée, mais ça ne résout pas vraiment le problème. Et puis, reste à voir si l'allocation est véritablement disponible et tombe réellement chaque mois…

Aujourd'hui, le ministère de l'Emploi est surtout occupé à donner des formations de “techniques de recherche d'emploi” aux jeunes qui y croient encore, et à établir sa “cartographie de l'emploi” qui devra lui permettre de mieux appréhender l'état des lieux concernant les initiatives qui existent dans tout le pays en termes de création d'emplois, pour pouvoir mieux les coordonner. Disposer de donnés fiables est il est vrai nécessaire, mais on voit que cette démarche prend énormément de temps et ne donnera pas certainement pas de résultats concrets avant la fin de l'année, alors que cela fait déjà plus de deux ans que le nouveau régime est en place. Et que, comme le constatait Jeune Afrique le mois passé, “l'espoir a cédé la place à l'impatience” parmi les Ivoiriens.



Dans le reste de l'administration par contre, la tendance est à la “maitrise de la masse salariale” exigée par le FMI et par les normes de l'Uemoa. Aucun concours de recrutement à la fonction publique n'a été organisé depuis des années. On cherche par contre à se débarrasser de toute une série d'agents. Dans l'enseignement, on préfère se baser sur des enseignants contractuels formés à la va-vite et sous-payés. Et puis, il faut encore recaser les centaines de milliers d'anciens combattants qui aujourd'hui manifestent bruyamment à Bouaké.

Affiche typique des rues d'Abidjan


La formation

On parle beaucoup aussi d'inadéquation formation-emploi. C'est-à-dire que les entreprises peinent à trouver des travailleurs répondant aux qualifications requises par le poste. Mais c'est évident vu l'état de délabrement du système d'enseignement. D'autre part, il est vrai que le système d'enseignement ivoirien ne sert qu'à former des intellectuels bureaucrates. Il y a aussi pléthore de commerciaux, agents marketing, gérants des ressources humaines… dont on ne fera jamais rien. L'enseignement technique et professionnel est absolument négligé, et coute cher.



Un ami planteur dans un campement à Soubré me disait ainsi que, vu qu'on apprend rien d'utile à l'école, les planteurs préfèrent n'y envoyer qu'un ou deux de leurs enfants, les meilleurs, et garder les autres au champ. Toute la famille se sacrifie pour les études d'un fils, qui, une fois qu'il aura trouvé un bon poste dans un “bureau”, devra ensuite subvenir toute sa vie durant aux besoins de sa famille élargie, au nom de l'“investissement” qui aura ainsi été fait pour sa formation. Les autres enfants apprendront quant à eux le travail aux champs ou la cuisine en fonction de leur sexe, deux activités très exigeantes, voire intolérables, sur le plan physique et qui nécessitent de s'y habituer dès le plus jeune âge. Alors que dans des pays comme le Ghana (ou la Russie), le cursus primaire inclut des cours de cuisine, de couture, d'électricité, de menuiserie, d'agriculture et d'artisanat, afin justement que les parents paysans ou issus de classes populaires n'aient pas l'impression que leur enfant perde son temps à l'école.



Pour nous autres socialistes révolutionnaires, si l'État doit fournir une formation de qualité à chacun, et répondant aux critères de développement de la société, il n'est pas question de voir la politique d'enseignement national se faire dicter par les intérêts privés. Sans quoi, on verra se restreindre l'accès aux études de philosophie, de linguistique ou de géographie, comme c'est le cas dans beaucoup de pays européens actuellement. Si les entreprises ont besoin de techniciens et de maintenanciers en agro-alimentaire, c'est à elles à former leurs travailleurs, de sorte que la formation se déroule pendant les heures de travail, soit payée, et soit sanctionnée par un diplôme valable dans d'autres entreprises.

Le système d'enseignement ivoirien est dépassé

Le poisson d'avril (en retard) de Duncan


Alors que le président avouait le 17 avril son impuissance face à la situation actuelle, on a été abasourdi par le discours du premier ministre le 1er Mai qui, en l'absence du chef de l'État pour la deuxième fois consécutive le jour de la fête du Travail, a déclaré que le revenu par habitant a cru de 8 % en 2012, et croitra de 8,5 % en 2013. On se demande bien de quel revenu il parle, vu que l'on attend toujours le relèvement du Smig, bloqué depuis des années à 35 000 francs alors qu'on le promet à 60 000 (somme elle aussi dérisoire, au vu de l'envolée du coutde la vie). Mais le plus incroyable est son annonce, selon laquelle de mai 2011 à octobre 2012, 101 670 emplois formels auraient été créés, et 941 623 emplois informels, dans le commerce de détail, l'agriculture et les services. Avant de conclure : « Je puis donc vous assurer que le gouvernement est au travail ».



Donc, d'une part, le premier ministre affirme que le un million d'emplois que le président a pourtant affirmé ne pas pouvoir apporter d'ici la fin de son mandat, a déjà été créé. De l'autre, il s'attribue la création de “941 623” emplois informels. Mais entendons-nous bien, un emploi informel est justement un emploi informel, donc, qui n'entre pas dans les calculs du gouvernement. D'ailleurs, comment est-il arrivé à ce chiffre si précis de “941 623” emplois informels ??? pour des emplois qui sont par définition non déclarés ! Ensuite, est-ce de cela que parle le gouvernement lorsqu'il nous promet un million d'emplois ? Un million d'emplois informels dans le “commerce de détail, l'agriculture et les services”, ça veut dire quoi ? Un million de vendeurs de sachets d'eau et de Lotus au bord de la route, un million d'enfants esclaves dans les plantations de cacao, un million de gérants de cabines téléphoniques et de nounous ? C'est tout de même incroyable !



Mais à quoi d'autre s'attendre de la part d'un ministre qui déclarait récemment que « S'il a bien compris », le chantier du troisième pont devrait couter 175 milliards de francs. Duncan qui passe dans la presse internationale pour un grand sage et un champion du redressement économique, se décrédibilise complètement avec cette déclaration. Le plus fou est que le gouvernement puisse s'attribuer ainsi la création de ce million d'emplois informels. On retiendra que le nombre de vrais emplois créés par le gouvernement depuis plus de deux ans au pouvoir, selon le chiffre de Duncan, est d'à peine 101 670, soit à peine 25 % de l'objectif (en supposant que le gouvernement aurait dû sur cette période créer 400 000 emplois, soit 200 000 par an). Et que la coordination de la communication n'est décidément pas le point le plus fort des hautes instances de l'État.

Le premier ministre Duncan, ce grand blagueur,
affirme avoir déjà créé un million d'emplois dans l'informel


Créer son propre emploi

Bref, vu la nullité de l'impact des grands travaux sur le chômage, et la défaillance des investisseurs, toute la presse est unanime pour dire que c'est aux jeunes à “créer leur propre emploi” en devenant entrepreneurs. Cela entre en droite ligne dans l'idéologie néolibérale dominante, et explique la multiplication dans les journaux de références aux fameux “Business Angels” (riches patrons censés parrainer des jeunes prometteurs) et des conseils aux potentiels nouveaux managers et autres jeunes cadres dynamiques. Manque de bol, force est de constater que la première chose qui bloque les jeunes entrepreneurs est le désintérêt total de la part des banques censées les financer. « On ne prête qu'aux riches » semble être leur slogan. C'est à ces jeunes à se débrouiller pour réaliser des études de marché, business plan et autres afin de prouver que leur projet tient la route. Mais évidemment, tout cela coute de l'argent – bien que l'État soit en théorie là aussi pour les accompagner, mais où ?


Sans compter que l'État ne cesse de réitérer sa volonté de relever l'impôt sur les entreprises qui touche les PME avec une taxe minimale de 3 millions au lieu de 2 millions. Les petits entrepreneurs, par leur mobilisation, ont obtenu le report de cette nouvelle taxation à 2015, mais il reste que la piste de l'auto-emploi est très précaire, d'autant que le risque de se casser la figure et de tout perdre est bien réel, vu d'une part la nature même du système capitaliste, de l'autre la désorganisation et l'instabilité que connait notre pays.

En réalité, l'“auto-emploi” tant vanté est surtout une attaque idéologique de la part de la bourgeoisie pour rendre responsables les chômeurs eux-mêmes de leur situation. S'ils sont au chômage, ce n'est pas à cause de la nullité du gouvernement, ni de la crise, ni du fait que le grand capitalisme mène une concurrence intolérable à tous les petits artisans et commerçants. Non, ils n'ont à s'en prendre qu'à eux-mêmes ! Le gouvernement n'est pas responsable, dire le contraire relève d'une “mentalité arriérée d'assisté” – nous serions en effet entrés dans “une nouvelle époque”, celle où il n'est plus à la mode pour l'État de veiller au bien-être de sa population – celle du néolibéralisme. 

Un autre trait idéologique de l'“auto-emploi” est de mettre en avant le fait que “tout le monde peut devenir patron”. C'est-à-dire qu'ainsi, le système cherche à nier sa nature de classe. Puisque tout le monde peut devenir patron, il n'y a pas de prolétaires d'un côté, ni de patrons de l'autre – il n'y a pas de classes ! Pourtant, j'attends de voir qui par ses propres économies et sans avoir jamais fait travaillé qui que ce soit pour lui ni bouffé dans les caisses de l'État, peut se payer une grande plantation de palmiers + usine, un terminal à conteneurs ou une plate-forme pétrolière !

Remise de prix à de futurs jeunes entrepreneurs des TIC par MTN


Le chômage : un fléau engendré par le capitalisme


Comment résoudre le problème du chômage ? D'où vient le chômage ? Le chômage, et en particulier le chômage de masse, est une caractéristique inhérente du système capitaliste de surproduction. Aujourd'hui, l'humanité produit déjà plus que ce qui est nécessaire pour subvenir à ses besoins, plus que ce que nous sommes capables de consommer. La logique de concurrence impitoyable propre au capitalisme pousse les entreprises à investir dans des équipements de plus en plus couteux afin de réduire leurs couts de production, afin d'accroitre leur rentabilité. Cela signifie que des machines accomplissent aujourd'hui, en Chine et en Europe, et aussi en Afrique, le travail qui auparavant était réalisé par des centaines de gens.



Plutôt que d'utiliser ces progrès de la science afin de réduire le temps de travail collectif et répartir entre tous les fruits de ces avancées, les capitalistes préfèrent licencier la moitié de leur personnel et presser comme des citrons les quelques-uns qui ont eu la chance de conserver leur emploi. La solution contre le chômage serait donc en fait d'aller contre cette tendance en se servant des nouvelles machines pour diminuer le temps de travail de tous, sans réduction de salaire. C'est pourquoi les sections du CIO dans des pays développés revendiquent la semaine de 32 heures, afin de partager le travail entre tous.


Alors qu'il n'y a pas d'emploi, les chômeurs sont criminalisés

Une politique socialiste



Manque de bol, cette industrialisation ne s'est pas (ou très peu) réalisée en Afrique mais en Europe, en Amérique et en Asie. On voit mal comment l'Afrique pourrait connaitre le développement quand tout ce dont sa population a besoin, et même plus, est déjà en train d'être créé ailleurs et à moindre cout pour les capitalistes (en raison de la plus grande productivité, de la qualité de la formation et de la plus grande discipline des travailleurs, et de la qualité de l'infrastructure, sans oublier la plus grande stabilité politique).

Une politique socialiste est nécessaire afin de régler le problème du chômage. En reprenant le contrôle de l'économie, en collectivisant les grandes plantations et le secteur des mines et du pétrole, en assurant la maitrise totale de l'État sur la filière cacao et sur les grands chantiers (plutôt que les PPE qu'on voit actuellement et dans lesquels l'État subventionne à coups de milliards de francs les bénéfices de ses amis étrangers), on pourrait d'une part répartir entre tous l'emploi déjà disponible, d'autre part créer de nouvelles branches d'industrie qui produiraient de manière locale les produits qui aujourd'hui sont importés de Chine, de France et du Nigeria. Nous comptons évidemment sur les socialistes de ces pays pour eux-mêmes réadapter leur production en fonction des besoins réels de l'humanité par la planification révolutionnaire de leur économie, afin qu'ils ne soient plus obligés d'inonder le reste du monde de leurs marchandises.



Les immenses bénéfices engendrés par la reprise en main par la société des secteurs-clés de l'économie permettraient en outre le recrutement massif dans l'enseignement, dans les soins de santé, dans l'encadrement agronomique, dans les transports, etc. afin de répondre aux besoins pressants de la population. Une véritable politique de grands travaux, sous contrôle des travailleurs, permettrait aussi de mettre pour de vrai des milliers de gens au travail et sans pour autant voir les ressources de l'État se faire aspirer par les montages financiers de groupes impérialistes.



Le mot de la fin de cet article revient une fois de plus à l'“Éléphant déchainé”, qui dans son édition du 3 mai, disait : « Vous les sans-emplois ! J'ai un conseil pour vous ! Prenez-vous en main ! Regardez votre nombre. Vous êtes 4 742 000 personnes, soit plus des trois quarts des personnes en âge de voter dans notre pays… Ça ne vous donne pas des idées pour… » Malheureusement, Assalé Tiémoko s'arrête là. Des idées pour quoi faire ? Serait-ce un appel à créer un nouveau parti des travailleurs ?!

Une véritable politique de grands travaux est nécessaire

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