jeudi 27 juin 2013

Théorie : 60 ans après la mort de Staline

Comment la révolution russe a été trahie


Il y a 60 ans, Joseph Staline était retrouvé mort dans sa chambre. Aujourd'hui encore, les médias et écrivains capitalistes passent beaucoup de temps à compter encore et encore le nombre de victimes des terribles crimes du stalinisme et à cherche à donner un profil psychologique de ce tyran. 

Par contre, ce qui manque systématiquement dans leurs écrits est une analyse de la manière dont a pu naitre le phénomène du système totalitaire dont il était le chef. À la place, tous ces pseudo-analystes préfèrent dépenser tous leurs efforts à salir le drapeau du socialisme véritable et à trouver un soi-disant lien direct entre le stalinisme et le socialisme. 

Comme nous l'avons vu après l'effondrement des États staliniens au début des années '90, la classe capitaliste et ses porte-paroles vont tout faire pour utiliser les horreurs du stalinisme comme un épouvantail afin de convaincre les travailleurs qu'il est inutile de vouloir changer la société, puisque tous les efforts de construire le socialisme se terminent “forcément” par la dictature et l'effondrement économique.

Article rédigé par Niall Mulholland et Robert Bechert, de la direction du CIO, à l'occasion du 50ème anniversaire de la mort de Staline, en 2003


Au contraire, seules les idées du véritable marxisme, et en particulier l'analyse donnée par Léon Trotsky dans les années '20 et '30, peuvent révéler les causes véritables de la montée et de l'effondrement final du stalinisme, une des forces les plus réactionnaires et les plus contre-révolutionnaires de l'histoire de l'humanité. Seules ces idées peuvent nous montrer la voie hors de la crise actuelle du capitalisme, vers la créatiion d'une société véritablement socialiste libérée de toute oppression et exploitation.

Afin d'expliquer la nature du stalinisme, nous nous basons essentiellement ici sur les écrits de Trotsky qui décrivent brillamment le processus qui a mené de la victoire de la révolution russe de 1917 à sa dégénération puis à la montée en puissance d'une puissante bureaucratie contre-révolutionnaire, menée par Staline. En particulier, nous recommandons à nos lecteurs de se tourner vers les ouvrages La Révolution trahie, Bolchévisme contre stalinisme, et Lettre aux travailleurs de l'URSS (ce dernier texte en anglais).

La révolution russe a marqué l'événement le plus important dans toute l'histoire récente : pour la première fois, la classe ouvrière est parvenue au pouvoir, a aboli le capitalisme et commencé à gérer la société elle-même. La révolution était dirigée par les bolchéviks, eux-mêmes sous la direction de Lénine et Trotsky. Au cours de l'année 1917, Staline n'a joué qu'un rôle mineur dans les évènements, quoiqu'en disent certains académiciens staliniens qui ont tenté de réécrire l'histoire (en gommant le rôle de Trotsky et en inventant à Staline toutes sortes d'exploits).

Cependant, confronté à de très dures conditions économiques et sociales, et à un hostile encerclement capitaliste, le jeune État soviétique, s'est retrouvé dès le départ assiégé. L'Armée rouge, organisée par Trotsky, a triomphalement combattu les vingt-et-une armées du capitalisme, les vainquant aux portes mêmes de la révolution, mais à un cout énorme en termes de puissance et de cohésion de la classe ouvrière, dans un pays dominé par la paysannerie.

Lénine et Trotsky répétaient constamment qu'il fallait briser le siège et étendre la révolution à l'Ouest – ce n'est qu'ainsi qu'ils pourraient sauver la démocratie soviétique et faire triompher le socialisme. Cette approche internationaliste se trouvait à la base de la fondation de la Troisième Internationale, en 1919. Mais pour toute une série de raisons, les premières vagues de la révolution en Europe occidentale, dont les travailleurs s'inspiraient de l'exemple de la révolution russe, ont été vaincues, menant à une encore plus grande isolation de la Russie révolutionnaire. 

Lénine et Trotsky pendant la révolution
  
La lutte contre la montée de Staline

Lénine et Trotsky se sont vus contraints de combattre la puissance croissante des bureaucrates, qui trouvaient un terrain fertile dans les conditions de l'arriération du pays. Staline allait jouer un rôle crucial en tant que représentant et défenseur des intérêts étroits et égoïstes de la bureaucratie. Lénine avait averti le Parti communiste au sujet de la brutalité et de la grossièreté de Staline, au sujet de son mépris des droits des minorités nationales et de ses autres camarades, et avait réclamé, malheureusement en vain, que Staline soit démis de sa fonction de secrétaire du parti.

Dans les années '20, Trotsky organisa un courant appelé l'Opposition de gauche, qui se battait contre la montée en puissance de la bureaucratie stalinienne. La bureaucratie tirait sa force de l'arriération, de la famine, de l'effondrement de l'économie. La classe ouvrière était épuisée et décimée par la guerre impérialiste, par deux révolutions et par la guerre civile.

Comme l'expliquait Trotsky, dans une situation de pénurie, les bureaucrates jouent un rôle crucial dans la distribution et le rationnement des maigres ressources disponibles. C'est cela qui leur a au départ conféré leur pouvoir et leur influence. La classe ouvrière, épuisée, était de moins en moins capable de réclamer que ces cadres rendent des comptes et de contrôler la croissance de la bureaucratie à tous les échelons de la vie sociale, politique et économique.

Les forces du véritable bolchévisme, dirigées par Léon Trotsky et par l'Opposition de gauche (après la mort de Lénine en 1924), ont résisté jusqu'au bout à la contre-révolution, se sont battues pour un retour à la démocratie ouvrière basée sur les soviets (conseils ouvriers). Mais vu les conditions sociales et économiques extrêmemement dures, et vu le fait que la révolution socialiste dans les pays capitalistes développés tardait à venir, l'opposition ouvrière a fini par succomber de manière sanglante sous les lourdes mains du stalinisme.

Dans La Révolution trahie, Trotsky décrit brièvement comment Staline s'est retrouvé à la tête de la nouvelle caste parasite :

« L'opposition se trouva isolée. La bureaucratie battait le fer tant qu'il était chaud. Exploitant le désarroi et la passivité des travailleurs, dressant les plus arriérés contre les plus avancés, s'appuyant toujours plus hardiment sur le koulak (riche fermier) et de façon générale sur l'allié petit-bourgeois, la bureaucratie réussit à triompher en quelques années de l'avant-garde révolutionnaire du prolétariat. Il serait naïf de croire que Staline, inconnu des masses, sortit tout à coup des coulisses armé d'un plan stratégique tout fait. Non. Avant qu'il n'ait lui-même entrevu sa voie, la bureaucratie l'avait choisi. 

Il lui donnait toutes les garanties désirables : le prestige d'un vieux-bolchevik, un caractère ferme, un esprit étroit, une liaison indissoluble avec les bureaux, seule source de son influence personnelle. Staline fut au début surpris lui-même par son succès. C'était l'approbation unanime d'une nouvelle couche dirigeante qui cherchait à s'affranchir des vieux principes comme du contrôle des masses et qui avait besoin d'un arbitre sûr dans ses affaires intérieures. Figure de second plan pour les masses et la révolution, Staline se révéla le chef incontesté de la bureaucratie thermidorienne, le premier d'entre les thermidoriens. »

Trotsky expliquait que le régime stalinien qui avait pris le pouvoir en Russie s'était débarrassé de tous les derniers éléments de démocratie ouvrière en déclenchant une sanglante contre-révolution. Néanmoins, il n'y a pas eu de retour au capitalisme. La nouvelle couche dirigeante se basait en effet sur l'économie nationalisée, à partir de laquelle elle tirait ses privilèges, sa puissance et son prestige. Malgré la bureaucratie, l'économie planifiée apporta d'immenses acquis sociaux pour la classe ouvrière, bien que cela se fasse au prix de très nombreuses pertes humaines et d'un immense gaspillage. Trotsky défendait les bases économique de l'URSS, mais ne donnait aucun soutien à la bureaucratie. Au contraire, comme il le répétait sans cesse, la seule manière de sauver ce qui restait des acquis de 1917 était de renvers la bureaucratie et de restaurer la démocratie ouvrière afin qu'elle reprenne le contrôle de la société. C'était là le programme essentiel de révolution politique qui était nécessaire afin d'ouvrir la voie vers le véritable socialisme.

Staline à 24 ans, peu avant la révolution russe de 1905.
Camarade dévoué, il ne se doutait certainement pas de ce qui l'attendait.

Les excès et les désastres de la politique stalinienne

Les excès des zigzags de la politique stalinienne se reflétaient à tous les niveaux. C'est surtout dans l'agriculture que Staline a causé le plus de torts. Après s'être reposé sur les riches fermiers (koulaks) pour s'assurer un soutien, Staline s'est tout à coup brutalement retourné contre eux au moment où il a perçu que leur prospérité et pouvoir croissants menaçaient la stabilité de son régime. Staline a introduit un “plan quinquennal” dans l'agriculture qui a été condamné par Trotsky et l'Opposition de gauche. La même Opposition de gauche avait été critiquée par la clique stalinienne car elle avait appelé à la collectivisation de la production agricole, qui aurait dû se faire de manière volontaire et sur base d'un libre consentement de la part des paysans. Mais Staline déclara la collectivisation du jour au lendemain de manière violente et forcée. Cela amena le chaos et la famine dans le pays.

À l'international aussi la bureaucratie montante suivait une politique caractéristique faite de zigzags, qui ne reflétaient de plus en plus que son unique intérêt national, plutôt que les intérêts de l'internationalisme prolétarien. Ainsi, lorsque la bureaucratie cherchait toujours une manière de consolider son pouvoir, Staline et des personnalités de la Troisième Internationale comme Zinoviev ordonnaient une politique à la fois gauchiste et opportuniste qui visait à déclencher des luttes révolutionnaires dans toute une série de pays, notamment en Allemagne, en Chine et au Royaume-Uni. Cette tactique erronnée a brisé les perspectives de victoire et a affaibli, voire anéanti les Partis communistes dans ces pays. Plus tard, une fois que les staliniens avaient totalement pris le contrôle du pouvoir et étaient dès lors opposés de manière consciente à la révolution mondiale (qu'ils craignaient à juste titre car elle aurait inévitablement mené à une révolte des travailleurs en URSS elle-même), Staline et ses lieutenants ont mis en avant l'idée de “fronts populaires” qui devaient associer dans une même lutte les organisations ouvrières de masse et les capitalistes “progressifs”, anti-impérialistes, ce qui a mené à des défaites sanglantes dans toute une série de pays – surtout en Espagne, en Chine et en Allemagne.

Avec la défaite de la révolution chinoise à la fin des années '20, la défaite d'une nouvelle révolution allemande qui a ouvert la voie à Hitler, et la défaite de la révolution espagnole dans les années '30 qui a porté Franco au pouvoir – toutes ces défaites ayant été orchestrées par le “guide” Staline et sa clique réactionnaire au Kremlin – la bureaucratie staliniste et sa théorie contre-révolutionnaire du “socialisme dans un seul pays” (c'est-à-dire, l'abandon de l'idée de révolution mondiale) ont toutes deux été énormément renforcées.

Alors que Lénine sur son lit de mort avait désavoué Staline,
la bureaucratie créa un mythe de “Staline, fils de Lénine”,
conférant un statut quasi divin à ces deux personnes

Dans les années '30, Staline a alors lancé ses fameuses Grandes Purges, qui ont, au rythme des procès-spectacles, arraché les “confessions” de nombreux vieux blochéviks selon lesquelles ils auraient cherché à commettre d'absurdes “crimes contre-révolutionnaires”. Ainsi, Staline annihilait d'innombrables opposants ouvriers, et nettoyait définitivement toutes les traces des idéaux de la révolution d'Octobre 1917, afin de consolider le pouvoir de la bureaucratie.

Après la faillite complète de la Troisième Internationale, qui s'est avérée incapable ne serait-ce que de mener la discussion sur les raisons de la prise du pouvoir par Hitler sans que le Parti communiste allemand n'ait pu y organiser la moindre résistance, Trotsky est arrivé à la conclusion qu'il fallait abandonner tout espoir de rattraper cette organisation, et qu'il fallait à la place chercher à construire une nouvelle, Quatrième, Internationale.

Les tâches de cette Quatrième Internationale étaient d'assembler les travailleurs et les jeunes du monde entier sous une bannière claire qui combatte de manière implacable le capitalisme et le fascisme via une révolution socialiste dans les pays capitalistes, et qui en même temps menait la lutte pour une révolution politique afin de renverser la bureaucratie réactionnaire qui avait pris le pouvoir en Russie. L'article de Trotsky Vingt ans de dégénérescence stalinienne et sa Lettre aux travailleurs de l'URSS ont été rédigés à la fin des années '30, à un moment de terribles défaites pour la classe ouvrière sous les mains de Staline et des fascistes ; malgré tout, Trotsky y brille par son optimisme toujours radieux.

Au fur et à mesure des purges, l'histoire et les photos étaient modifiées
afin de faire disparaitre la mémoire même des dirigeants de la révolution.
Ne reste que Staline.

En aout 1939, Staline a signé un “pacte de non-agression” avec Hitler. C'était là une tentative désespérée et cynique de préserver l'Union soviétique du désastre de la guerre, mais elle a lamentablement échoué. En juin 1941, Hitler a lancé une offensive gigantesque contre l'URSS et s'est enfoncé très loin sur le territoire russe. L'Armée rouge, qui avait été extrêmemement affaiblie par les purges généralisées, a été balayée et n'a pu se rétablir que miraculeusement.

Après la Seconde Guerre mondiale, les apologistes de Staline ont tenté de démontrer que le rôle de Staline dans la guerre avait été crucial dans le cadre de la victoire soviétique contre le nazisme. Rien n'est plus faux ; les purges avaient tellement affaibli l'Armée rouge que Hitler est arrivé très proche de la victoire. C'est uniquement l'héroïsme du peuple de l'Union soviétique, qui défendait les acquis économiques et sociaux de la révolution d'Octobre contre la barbarie nazie, et la supériorité de l'économie planifiée (orientée toute entière vers l'effort de guerre) qui ont pu vaincre les forces nazies – malgré le fardeau de la bureaucratie stalinienne. Plus de 25 millions de gens sont morts dans le cadre de cette bataille.

Malgré le rôle de Staline et de sa clique, le stalinisme est sorti énormément renforcé de la guerre, avec toute une série de nouveaux régimes staliniens établis en Europe centrale. Ces régimes sont apparus sur base du vide politique laissé par la défaite du nazisme, de l'avancée victorieuse de l'Armée rouge et de l'incapacité du capitalisme à faire progresser la société dans ces pays. L'extension du stalinisme en Europe centrale et plus tard dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et en Amérique latine qui cherchaient à sortir de la double impasse du capitalisme et du féodalisme, a contribué à renforcer l'attrait du stalinisme (“communisme”) pendant toute une période.

Après la Seconde Guerre mondiale, Staline s'est retrouvé à table
avec les dirigeants de l'impérialisme pour un nouveau partage du monde

L'antagonisme entre un stalinisme revigoré, basé sur une économie planifiée nationalisée, et les grandes nations capitalistes, qui représentaient chacun deux systèmes sociaux opposés, a bientôt mené à ce que l'on a appelé la Guerre froide. Dans ce cadre, la bureaucratie de Moscou était toujours prête à chercher des base de soutien, mais jamais à promouvoir le socialisme. Dans les pays capitalistes développés, ses partisans étaient utilisés pour freiner et saboter les luttes, comme en France en 1968, au Chili en 1973, au Portugal en 1975, toutes des luttes qui auraient pu renverser le capitalisme. Dans le monde ex-colonial, les partis communistes ont fait dérailler les luttes révolutionnaires grâce à un programme qui visait à subordonner la classe prolétaire et la paysannerie aux couches soi-disant “progressistes”, anti-impérialistes des classe dirigeantes de ces pays.

De nombreuses luttes ont ainsi connu des défaites sanglantes, comme en Indonésie ou au Soudan.

Beaucoup de dirigeants du Tiers-Monde ont cru voir dans le stalinisme
un modèle à suivre pour se libérer du capitalisme.
Ici, Sékou Touré avec Fidel Castro.


La mort du “grand dirigeant”

Staline est mort en 1953 à un moment où le système qu'il dirigeait semblait être devenu fort. Après des décennies de propagande étatique autour du “culte de la personnalité”, de grandes sections de la population soviétique considérait même Staline comme un être quasi divin. (Il y a en réalité toutes sortes de rumeurs selon lesquelles Staline aurait été assassiné par ses propres partisans qui le considéraient fou et incontrôlable. Ils craignaient qu'il ne soit en train de préparer de nouveaux pogroms contre les juifs de Russie, ce qui aurait considérablement déstabilisé l'État.)

Tout au long des années qui ont suivi sa mort, les dirigeants staliniens allaient continuer à déclarer que l'Union sovétique était sur le point de dépasser les riches nations capitalistes. Beaucoup de gens louaient Staline pour avoir transformé l'économie de l'Union soviétique, qui s'était énormément accrue pendant les années '30 et après la Seconde Guerre mondiale. Mais cette croissance était le produit des avantages de l'économie planifiée, pas de Staline. Cependant, comme Trotsky l'avait brillamment prédit, sous le régime totalitaire, l'économie nationalisée allait finir par stagner au fur et à mesure qu'elle devenait plus complexe et plus développée.

Une économie planifiée nécessite la démocratie ouvrière pour fonctionner, tout comme le corps humain nécessite de l'oxygène. Soit la classe ouvrière allait renverser la bureaucratie parasitaire et reprendre le pouvoir par une révolution politique, soit l'effondrement économique allait mener à une restauration capitaliste.

La possibilité d'une révolution politique s'est révélée lors de la révolte héroïque de la classe ouvrière hongroise en 1956. Les travailleurs désiraient accomplir une révolution politique qui aurait mené au renversement du régime despotique et à l'instauration d'une démocratie ouvrière sur base de l'économie planifiée, qui aurait pris le contrôle de la société. Mais cette révolution a été écrasée par les force armées soviétiques.

Une statue monumentale de Staline jetée à bas pendant la révolution de 1956
en Hongrie. Les capitalistes prétendent que les Hongrois voulaient revenir
au capitalisme. Mais ils voulaient surtout un retour à la démocratie,
dans le socialisme.

À la fin des années '80 et '90, de nombreux mouvements sont apparus dans presque tous les États staliniens contre les cliques dirigeantes. Au départ, comme on l'a vu surtout en Allemagne de l'Est, beaucoup de ces manifestants se battaient contre l'élite privilégiée et pour les droits démocratiques, c'est-à-dire pour les même revendications que Trotsky avait mises en avant lors de la lutte contre la montée du stalinisme. Malheureusement, sans une direction avisée, le potentiel pour une révolution politique a été perdu. L'Occident était à ce moment en phase de croissance (même si cette croissance se faisait surtout sur le dos des travailleurs et au détriment de leurs conditions de vie), ce qui a donné l'illusion qu'un retour à une économie de marché (au capitalisme) pouvait être la solution à la stagnation économique en Europe de l'Est. La restauration capitaliste a été accomplie dans l'Union soviétique et dans le reste de l'Europe de l'Est et centrale. Mais cette restauration s'est avérée n'être qu'une sinistre escroquerie pour les masses des ex-États staliniens : le niveau de vie dans ces États a connu une chute sans précédent tout au long des dix années suivantes.

Bien que pour tout une série de raisons que Trotsky ne pouvait anticiper, le stalinisme se soit maintenu beaucoup plus longtemps que ce qu'il avait prédit, l'effondrement de l'Union soviétique et des États d'Europe de l'Est, dans les années 1989-1991, a confirmé l'analyse selon laquelle le choix qui se posait aux États staliniens était, au final, entre une révolution politique ou la restauration du capitalisme.

La restauration du capitalisme en Russie et en Europe de l'Est a été un désastre sans nom pour les travailleurs, comme Trotsky l'avait prédit longtemps auparavant. Elle a mené à un effondrement sans précédent du niveau de vie et à une terrible régression sociale et culturelle.

Avec la restauration capitaliste, beaucoup de Russes
ont perdu non seulement leur niveau de vie,
mais aussi le gout de la vie

Seules les idées et les méthodes du véritable socialisme peuvent montrer la voie pour les masses de la population des anciens États staliniens. Ce sont pour ces idées que les militants du CIO se battent partout dans le monde, y compris dans les anciens États staliniens en Europe de l'Est et en Europe centrale.

Contrairement à ce qu'il était au moment de la révolution en Russie en 1917, le rapport de force est aujourd'hui beaucoup plus favorable à la classe ouvrière internationale, qui est depuis devenue beaucoup plus grande et beaucoup plus puissante. Cependant, les leçons de la vie et de l'héritage de Staline doivent servir de leçon pour le mouvement ouvrier international : seule une démocratie prolétarienne et l'internationalisme prolétarien, en tant qu'aspects centraux dans la lutte socialiste pour un changement de société, peuvent renverser le capitalisme et donner naissance à une véritable démocratie socialiste.

Camarades du CIO en Russie, en lutte pour un retour à un véritable socialisme

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